A LA RECHERCHE DE L'ABSOLU

FENAISONS
 
 
 

 
A LA RECHERCHE
DE
L’ABSOLU


 
 

 

Prélude…

 
 
 
 

Arbres crispés
D’âmes fermées
L’os endeuillé
 
La fleur close
D’insigne pose
 
D’un mâle fort
Ainsi de morts
Sera fait sort !


 

ÉTHER…


 
 
 
Défoncé aux quatre vents, à la recherche de l’abîme, assis sur une porte-fenêtre, il savourait le délire des finalités…
 
Il disait
« Tout de suite !
 
Des lambeaux de nuages poursuivis d’étoiles de Ptha, je vois une potence…
 
Il y a une lance à la potence…
 
Eh ! Salut !
 
Oui, ouit, ouit, hum, hum (rire)
 
Envoie une clope…
 
Oui, oui, je n’ai pas envie d’exploser aujourd’hui, Thierri, je vais lui donner des trucs terribles ! …
 
Christie, Christie ! Vous ne pourrez jamais combattre Christie ! … (Rot)
 
Tu n’es pas obligé de le mettre (parlant du rot)
 
Oui, j’ai vu une potence :
 
Ils ont voulu nous y pendre tous ! …
 
On est tous sauvé ! …
 
Et tu ne demandes pas pourquoi ! Hein, Ho ! Tu ne te demandes pas pourquoi !
 
Il n’a rien suivi ce mec-là …
 
C’en est encore un qui n’est pas trotskiste, gauchiste, encore un qu’il faut mettre au poteau, mais pas le mitrailler ! …
 
Tu suis, tu mets la suite ?
 
Trotskiste ! …
 
Te rends-tu compte que ce n’est pas J. P. M. qui parle ! Mais... Pierrot Christie... J’attends la première phrase de ce qu’il va dire ! …
 
My sweet lord…
 
C’est tout ! C’est tout !
 
Et vous vous arrêtez à des riens, à des vides, à des aspirations, à des inspirations …
 
Le mot M. O. T. que veut-il dire ? …
 
D’où vient-il ?
 
Qui l’a créé ?
 
Les limbes, les moisissures ou alors les fleurs … Les dessins colorés... Les soleils levant ou couchant…
 
Moi ! …
 
Pierrot, je préfère voir le monde (pet) se dépapilloter au coin des rues pour gagner de l’argent, pour gagner une place, arriver plus loin…
 
Trotsky …
Guevara...
Mao...
Lénine...
Hitler...
Nietzsche...
 
Et toute la bande, et vous, vous n’avez rien compris, si, que vous criez (tu y arrives), que vous aviez une bande de papier blanc devant vous que la peur de la mort vous oblige à noircir de mots sans queue ni tête, de mots sans sens, de mots troubles et de mots clairs, de mots, simplement de mots (tu continues à écrire, hein tu continues à écrire)...
 
Noircir des pages blanches, noircir des pages blanches par l’intermédiaire hypocrite du stylo, tout çà pourquoi ?…
 
Pour chercher quelque chose ou pour chercher quelqu’un ! Tu l’as trouvé ce quelqu’un ? Et pourtant tu en remplis des pages blanches, hein ! Tu es avec nous, avec ceux qui ont compris, car ceux qui ont compris peuvent comprendre les cris, les rires, les angoisses, l’angoisse, la vraie ! L’angoisse, l’angoisse, l’angoisse qui fait que tu as envie de prendre, de prendre une lame de rasoir et de te tuer pour faire comprendre aux autres qu’ils n’ont rien compris (tu arrives à suivre)…
 
On est tous partis sur le même bateau…
 
Et alors, marque, là, c’est moi qui vais faire la signature... Je peux... J’ai des trucs, bons, bons à dégueuler dedans, putain ! …
 
J’oublierai jamais ton adresse, c’est la première fois que j’arrive à entrer en communication avec quelqu’un... Hum... Hum... (Rire bête)... Pourquoi as-tu mis ? (rire)... (Éclat de rire)... (Toux)... (Reniflement)... Très bon, on va faire des trucs extra, terrible, terrible, terrible, terrible, terrible, terrible, terrible... On va s’éclater comme jamais tu vas t’éclater... (Jeux des adresses de chacun) Non, mais c’est vrai, j’ai l’impression d’être perdu dans ce monde... C’est pour cela que j’ai voulu rester dans cette chambre…
 
Regarde, ils me prennent pour un défoncé, un camé, un drogué…
 
Christie est parmi nous !
 
« Demande-moi de faire ce que tu veux Trotski ! »
 
Trotski s’inquiète :
 
« Jette ta bouteille d’éther par la fenêtre ! … »
 
- Non ! Ce n’est pas cela, plonge dans ton angoisse, et c’est comme cela que tu seras hors des murs (il urine par la fenêtre) de toute façon, il n’y a plus rien dans la bouteille…
 
Tu comprends tout, tout de même ce que je te demande, hum, hum... (Jet de bouche, aspiration, déglutition, rire)... Non mais, non mais faut pas qu’on se perde de vue, sans déconner…
 
Parce Que, Decaux, Decaux, Alain, Alain, allons, allons, Alain, Alain, (rire) on est tous…
 
Le pire c’est que ces cons-là, ils ne comprennent rien ! Faut qu’on se retrouve une fois que l’on sera sorti de ce putain de machin… (Déjection)... J’arrive même plus à lire maintenant... (Déjection)…
 
J’ai pas entendu ce que tu as dit !
 
Oui, c’est cela, c’est cela…
 
Ah ! Oui çà sent l’éther !
 
Maintenant... (Rire satanique)
 
(Rire)
 
Cela passe, Thierri !
 
Je parie que tu es du Scorpion, non tu n’es pas du Scorpion, tu es l’inintrouvable !
 
Parce Que je suis du Scorpion (rire)
 
Tchitchitchitchitchiit …
 
Et maintenant, tu vas me relire, non c’est en dehors de tout … Barre tout…
 
N’importe comment, je m’en fous, si j’explose, j’y serais pour toujours, mais j’aurai pu faire mieux...
 
(On lit)
 
(Rire, rire, rire)
 
 
Hourtin Naval
Infirmerie Centrale

 
 
 
 

2027...

 
 
 

2027,

 
Nom méprisé par l’alliance des Mondes lors des sons fantastiques que délivraient ses fers rouges,
 
Galaxie impénétrable par la puissance, rive ou brille des épars nébuleux, un œil affreux,
 
Regard de planètes sans cœurs ou les vents aux pierres meurtries coagulent des fleuves de sang,
 
Imprenable au noir tombeau des ténèbres car d’un rire fuyant le corps sans forme de la multiplicité,

2027 …
 
2027,


Ou d’Alpha les plaintes montent, décrivent aux Tempêtes des rides crépusculaires avant de s’enfoncer lamentablement dans l’ivresse orbitale de la pensée,
 
Renaissent aux surfaces, s’estompent, s’enveniment d’un dialecte, puis à nouveau au sol s’insinuent,
 
Chant de la Guerre étoilée lamentant le sort des Chevaliers qui rampent les déserts, d’armes rouillées le cycle éternel de l’inertie pour oriflamme,
 
Songe de la vitalité et du Don qui meurent dans les spasmes de l’étoile funèbre,


2027 …
 
2027,


Ou d’ambre la main drapée d’un voile d’améthyste, Karn, Etre fidèle aux yeux de cristal, à l’approche des Vivants retient sa force, déclame d’une voix puissante, ondulation vaporeuse aux mémoires malhabiles, une réponse aux questions lucides du Peuple mutant épris de volonté,
 
Aux corps amaigris des esclaves qui à ce Dire se lèvent, avancent d’un pas sûr vers l’espoir, puis fatigués s’écroulent dans la nuit d’un sol nu de couleur, hormis celle issue des lacérations et des cris, couleur violente et sombre de la Vie des mortifications humaines,
 
Tandis que d’Ouest soufflent les vents, relevant de leurs brises des flots d’extase pour baigner ces corps d’une douce caresse, apporter le courage aux Ames de ces chairs, recherche d’une œuvre personnelle de la Vérité et de son firmament,
 
Victoire des drapeaux, enceints du lieu ou se tient le Dieu, Karn, qui d’une seule parole révèle la foudre millénaire rugissant au fond de l’inconscient domestiqué par l’acquis, à cette foule Humaine dont l’Esprit se tourne vers l’horreur,


2027 …
 
2027,


Ou le désert ouvre son ventre pour accueillir le multiple en haillons, sans armes, n’ayant pour seul écritoire que le langage des vies passées et à venir,
 
Marche dans l’étendue foudroyée, respire des frissons d’un rêve perpétuel, celui de l’Éveil sublime délaissant les substituts mémorisés pour des royaumes d’initiation,
 
Soleil au parfum sage qui de son puissant rayon ranime les plantes fanées, irise les corps, destitue le vertige du multiple pour l’ondoyer unique,
 
Sous le regard de braise de Karn, renfort de l’Eternité qui, voix de ces chairs, de l’Intersidéral est venu au secours du trépassé afin de lui donner le ferment de l’Azur,
 
Tel au sein nu de l’Océan où se lavent les morts d’hier avant de ceindre le voile et le glaive, fleurs aux mâles parcours l’iris de la nue de fort élan,
 
Parcours qu’un flot de grâce bénie, exfoliant ainsi le noir souci des forces amères pour ne conserver que la faveur de l’Infini voyage de nacre avant de naître au Combat pour la Liberté de cette Terre,


2027 ...
 
2027,

 
Ou par les temps des vaisseaux noirs et bleus dans un vol gracieux déchirent leurs ailes, agonisent dans un bruit fantastique,
 
Flamme de sang jaillit en cette galaxie où l’épervier de la justice, toutes griffes acérées, flamboie un soleil de nuit,
 
Marche de glaives frappants l’Œil ennemi, avant de terminer leurs courses aux cœurs exténués des corps gisants,
 
Dans le rugissement du néant avide qu’astéroïde le cosmique avance pour désigner d’Empire la défaite,
 
Nébuleuse de corail velu dressée à l’horizon qui d’un cri fratricide enfante une présence, éther d’un cataclysme,
 
Où de mâles efforts tentent l’approche, vaisseaux secoués de rage aux abords de ce sol visqueux,

2027…
 
2027,


Ou Karn, drapé d’étoffe blanche, casqué des mers nouvelles, pose les signes de l’Avenir,
 
Tandis que la nuit, songe effrayant, disparaît son témoignage sous les coups de l’Espace qui courbe son entité afin d’annihiler ses moires aisances dans un brasier atomique,
 
Sous le regard des vaillants guerriers de la Paix, qui à l’Apogée de ce signe raniment les couleurs du Ciel, semences, naissent l’Arbre qui s’élève dans l’Azur, semblable à une fleur de sérail, assignent la Vie par ses racines, aux faces abruptes de ce sombre sol, sous la toile Solaire,
 
Qu’iris Karn déploie, mains dressées vers l’horizon, conquérant du Verbe Galactique qu’Esprit son regard enseigne,
 
Avant de disparaître pour une Vie nouvelle aux déserts multiples de l’infini dimensionnel,


2027 …


 

D’Orbe, Violence …

 

Ainsi la violence de cet hymne !
 
Système,
 
Mal par le mal de ta propre puissance ton nom rougi la cendre de l’Amour et de flammes s’allume pour convertir ta puissance en haine !
 
Système,
 
Meurtre roule ton éclat aux portes de tes temples, d’or d’argent et bien d’autres faits de nuisances, ordure l’Humanité !
 
Système,
 
D’Etre à Etre ta sale odeur de sueur et de trépas pour le profit, mensonge hypocrite, s’extasie devant l’Âme nue de Vie !
 
Système,
 
Symbole de folie, d’habitude, d’outrage inhumain, d’esclave torture, de ténèbres démoniaques crient le sang et la mort de tous !
 
Système,
 
La violence a ses hymnes dans mes veines, son cri rompt le serment de la paix devant le multiple outrage que tu fais aux Etres !
 
Ainsi la violence de mon Hymne !
 
Temple nu à la Gloire des Dieux, Temple rouge et bleu, noir et blanc, de couleur sans couleurs comme l’ode au sillon des jambes musclées de l’Aphrodite courbant la tête à l’approche bénie du Mage qui, dans ses cavernes, révèle un flambeau de connaissance, s’ordonne Sage puis aux flammes se donne sous le regard de tyrans drapés de soie qui s’extasient de leur gloire !
 
En leur nom, les chaînes se couvrent de sang, les corps se décharnent, et jusqu’au profil de la mort crient toujours leur gloire, les cavaliers au rythme des épées se noient dans la guerre, parure sordide, d’œuvre, bottes parfumées de dentelles blanches, destituent l’espace magique du Monde pour le plaisir de crier encore la gloire de leurs maîtres !
 
À la lune rousse, parvis de tendresse, leurs amours pleuvent sur des corps flagellés délaissés aux ombres d’arbres lourds de cadavres putréfiés, leur source tarie, les ormes chantent leur folie, enchantement de colonnades de brasiers où crie la cendre des chairs avec de grands rires qui font le réveil de ces tyrans un cauchemar perpétuel et sans oubli !
 
Cependant le Peuple pleure dans ses mansardes, à la cheminée où brillent les restes de l’arbre vigoureux, comme lui, s’abandonne à la prière pour un instant de sagesse, lys fané dont les parfums évadés vont la rencontre des Cieux afin qu’un secours vienne sur ces rives avant que tout ne devienne éphémère, avant que ne subsiste plus un seul songe de Vie !…
 
Et cette question,
 
Azur embelli ou caches-tu ton ambre ?
 
D’ossements la plaine blanche emplie le gouffre satanique, esprit de ciel liquide de larmes d’acier définie lentement la ride de chairs froissées,
 
Dans son œuvre, rugit infertile l’agneau alors que souffre de faim l’Enfant du Mékong aux dents ébréchées, asiles d’un vertige rouge et noir, rire,
 
Sommeil des soleils dans le havre d’une cour mobile ou s’en viennent, secs de sève, les pleurs de lys d’une enfance agonisant sur l’herbe douce de miel,
 
Fière, l’ombre suce son chant, esprit de cavernes tandis que s’exclament les amants éperdus de rêves, tandis que la nue d’un souffle écrase un serpent,
 
Heure d’étoiles lumineuses tissant des diamants pour rire ou bien pleurer de l’arrogance des lèvres d’un tyran marchant le calvaire de sa folie d’Or,
 
Stances que le coeur perle d’anémone au parfum mélancolique qui de jouissance s’éprend de l’âge martyr pour louer sa parure de vierge éphémère nue,
 
La ville sourd leurs chants aux bruits de soupapes sans huile, avance sa montre pour raidir son corps au service de leur solitude affamée de chair,
 
Un mage roule son jupon pour pénétrer la chair d’un érudit, accorde un pardon d’une main hypocrite, destine la pauvreté son apprentissage du viol,
 
Regard du char funèbre de l’enfant hier tombé sur les terres Ancestrales, chant d’un mirage prenant témoin les réverbères fumeux d’une ivresse morte,
 
Esprit d’un clochard endormi massant la croûte noire de sa crasse, clown monstrueux de la société affable, quémandant sa pitance de putréfaction,
 
Et cette question,
 
Azur embelli ou caches-tu ton ambre ?
 
En ce jour,
 
Les hommes descendaient de l’acropole en riant, les femmes parlaient, les enfants se poursuivaient en criant.
 
Resté seul, le Sage en sa robe de safran, étendit ses bras vers les pierres de la Terre, et dit :
 
« …Et ton miracle d’Éternel, O Père, ta certitude de lendemain, aux phares de nos corps ceints des écharpes de la foi, ce tout à l’aube unie qui devait descendre du silence pour régner par un appel à la fraternité, O Père, ou est ce miracle ? ... »
 
Les genoux pliés sur le sable des mers, rose du blanc des argiles de la mort guerrière, belle étoile du firmament, Ame sans tourmente, à l’embrun des iodes cristallins de l’Océan Souverain, il reprit :
 
« …Frissons de gloire devaient parcourir les chemins, donner aux enfants nus une plage pour assouvir d’une richesse le regard de parents libres d’esclavage, tout d’apothéose, O Père, qu’as-tu fait de ton serment à ces cœurs martyrs de ta foi ? … »
 
Cependant, un homme au profil d’aigle, la tête pleine de faits d’armes et les mains tachées par le sang des blessés, sans rides ni angoisses, montrant l’arbre gigantesque de la Terre en ruine, écoutait la prière de ce Sage qui poursuivait son incantation :
 
« …d’Etres cent larmes, cent morts aux ceintures de feu nocturne, épaves aux souffles des cendres, risée des Continents, sans eaux ni cieux, sans abîmes ni cimes, O Père nous avez vous laissés, et ce jour vous montre nos corps tuméfiés, à vos pieds, couverts de poussière, déjà larmes de la Terre, O Père, que fîtes-vous de ce jour pour ne nous voir plus que cent sur la plaine de ce Monde ? … »
 
Et le Sage comme le Guerrier dirigeait leurs yeux vers ce qui fut leur Roi, homme cloué par une lance sauvage dont les dernières respirations dans un soubresaut s’éteignaient, dont le sourire flamboyait du secret d’une Victoire, alors que les montagnes devenaient invisibles, et ce Sage comme ce Guerrier rendirent un dernier hommage à sa puissance :
 
« …Mais tes mains ne sont plus des mains, tes odes ne sont plus vivantes, et nous prions, en douleur, pour qu’au moins ce Père t’accueille à l’heure dernière, ce Père criant la ruine de notre Empire depuis que se servent de son Nom les hommes du schisme, hommes dénature dont l’Église n’existe que pour le malheur de nos croyances, que pour la finalité de notre grâce, œuvre sordide dont nous sommes aujourd’hui les victimes mais que demain, nous le jurons sur ta dépouille, O Roi, nous clouerons sur un bûcher infâme pour la plus grande Gloire du Père qui nous renie en ce jour... »
 
Et le Sage comme le Guerrier regardaient leur Roi exhaler son dernier soupir, alors ils recouvrirent son corps d’un drap d’or et sur un Navire le dressèrent, puis d’une flamme ils conduisirent cette Nef vers le large Océan et leurs yeux purent voir le brasier s’écarter pour laisser l’Ame du Roi s’élever vers les Cieux, Ame Impériale s’il en fut qui leur disait :
 
« …Bientôt, je reviendrais ! … »
 
Il y a des vents de Carthage qui soufflent dans la braise d’Amon.
 
Bientôt sonnera l’heure où les chevaux fougueux de leurs galops fuyants viendront dévorer les chairs amassées des tyrans,
 
Bientôt le fou la cloche de lépreux de son pas de bois rampera un massacre pour s’abreuver du sang des manants,
 
Bientôt le crépuscule brillera un soleil morbide pour couvrir de rictus la figure des visages hagards de la bête,
 
Bientôt !
 
Il y a des azurs rouges qui vibrent leurs flammes dans le sourire d’Amon.
 
Bientôt l’œil sanguinaire jaillira de son orbite sèche une salive puante pour emplir le calice des armes du néant,
 
Bientôt le mortel de ses os ébréchés à la poussière des chairs livrera un silence aux plaies avides de pouvoir,
 
Bientôt l’esclave brisera ses chaînes puis d’un bond fantastique pénétrera le monde avec un rire amer et pauvre,
 
Bientôt !
 
Il y a des cordes vides qui aux cieux attendent le cou suant d’Amon,
 
Bientôt les racines pourriront le cerveau de l’arbre puis de son coeur séché puiseront un délire pour manger sa chair,
 
Bientôt retentira le carnage dans un hymne doux fusionnant un pâle horizon bleui en mal d’étreintes fidèles,
 
Bientôt la nuit sombrera le sol de la Vie, d’ambre Saturne détruira le mythe des mythes du Vivant,
 
Bientôt !
 
Il y a des fleurs séchées que pleurent les Amants qui demandent le trépas d’Amon.
 
Bientôt le feu jaillira sur les pentes puis en cris fous ameutera la foule des miséreux,
 
Bientôt l’Olympe s’écroulera sur le sable d’une boucherie dont les baïonnettes danseront l’ultime folie,
 
Bientôt la meute affamée d’un crachat puissant décrira sa plainte sur les urnes des Dieux morts,
 
Bientôt !
 
Il y a des lèvres retroussées sur la chair de ce terrible tyran d’Amon.
 
Bientôt elles le dévoreront en se partageant ses restes funèbres ne conservant que sa tête pour agape,
 
Bientôt l’éclair zébrera le ciel de la Terre puis dans un cycle d’agression éclatera, sa destinée en lambeaux,
 
Bientôt le Nom perdra tout sourire pour disparaître au sein de l’atome joyeux de l’agonie de la folie,
 
Bientôt !
 
Après la mort d’Amon se taira l’Enfer dont l’œil se morcellera pour disparaître jamais du Coeur d’Aton ! …


 


Table


 
À LA RECHERCHE DE L’ABSOLU
 
 
 
 
Prélude 5
***
7
 
Éther 9
2027 15
D’Orbe, violence 20
Épars 28
Désertion 33
Ionique 38
Angoisse et Renouveau 44
D’Extase 52
Rêve perle 56
L’Etre 59
D’une course Terre 63
Vierges 66
Nuit d’Océan 69
À la recherche de l’Absolu 75
Espérance Songe 78
Attente 81
D’Absolu 85
L’Aube 126
 
Final 129
***
131
 
*********
 
Table 133

 
 
 
 
 

Paris le 07/01/1976
Le Pecq le 24/06/1984
Refonte 21/03/2003
05/05/2004
Vincent Thierry


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