AMETHYSTES




FENAISONS
 


AMETHYSTES

 
 
  

Prélude …


 
 
 

 
 
 
 
Floralies solaire diurne sphère armoriée
Algue d’ivoire la plaine sage des aimés
Embrasement des cieux clairs d’ouvrages
L’Amour talisman de vieux écrins d’âges
 
 
Le nom tutélaire route parchemin signes
Lac cendré ou volent éperviers insignes
Le nom des cœurs et de leur règne d’or
Rappel de souvenir d’ivoire songe corps
 
 
 

 
 
 


Nature, je vous aime d’Amour …
 
   

 
 
D’arbre mur qui coule son fruit d’or au sein de la Terre, ce Verbe élance à l’infini son hymne pour saluer le seuil de la Vie :

Je salue ton cœur et ton âme
Je salue ton tout d’ambre lame,
Je salue ton flot d’océanique
Splendeur, Amour, Or fantastique !

 
Recueil, le vent répond aux feuillages lourds et colorés, aux racines de miels, abris sauvages des danses diurnes et satinées :

Grâce au Renom de ta Justice,
Crâce au sens de ton calice,
Grâce aux merveilleux atours
De l’Ame de la Terre énamoure !

 
Et la source à ce chant ébat ses rives de bleus miroirs qui scintillent les cieux en révélant un feu de jade multicolore :

Danse de nuit au jour vivant,
Danse de flammes et de sangs,
Danse vive d’étoiles flammes,
Extase folle du lac des Ames !

 
Lors, l’abeille aux feux de l’aube enivrée, sous les mascarades du Printemps joyeux, accompagne le pas de l’Enfant rapide, accorde son rythme aux semences de son hymne, qui, règne fidèle de l’Espace, d’une voix cristalline enchante ce refrain :

Nature, je vous aime d’Amour !

 

 

À voir …

 
 
  
 

À voir de là-haut comme boule de cristal, reflet des lumières du jour et de la nuit, dans des effluves de vent qui du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest courbent leurs symphonies pour porter les vagues vers des chaleurs profondes,
 
Dans des lambris couverts de blancheur, sol des nuages gelés où les quelques derniers oiseaux éveillent leurs ailes afin de rejoindre, dans une épreuve solitaire, les fantastiques Iles du Sud,
 
Dans des chaumières aux cheminées rougies de flammes dont le seuil est visité par des caresses amantes ruisselants leurs chairs douces sur un manteau bleui dont les sépales sont sources de vigueur,
 
À voir de là-haut, bicolore de la sueur des temps, métal mêlé du cri d’argile au froid d’une contemplation humide, pénétration d’une forge future, celle de la Nature engendrée au sein de mille félicités,
 
À voir de là-haut, rive de fécondité dirigeant la genèse du Monde, tant celle de Terre que celle Humaine, front de neige prouvant l’éternité aux yeux de la floralies de la chair,
 
Titanesque secousse dont l’amalgame secret dérive ses fastes aux mers polaires afin de préserver ses semences pour l’annuel renouveau de la Vie, ode de pure incantation qu’ivresse la nue des Vivants,
 
À voir de là-haut, iris recréant dans la solitude des vents galactiques la moisson des planètes, telle notre Terre, embryon de l’Eternel, celui que chantent les lys sur leurs promontoires de cristal, voyage,
 
Voyage d’hivernale grandeur …


 
 

Hivernal …  

 
 
 
  
 

De toi, mon souvenir, lorsque vibrant tu étais sous tes parures en sommeil, celles écarlates de tes reflets au soleil voilé te donnant corps bleui comme un ciel neuf et uniforme, ivresse de ton charme …
 
Ce n’étaient que vent et neige qui balayaient tes herbes sèches de sève, parcheminées de givre, de celui doux et froid qui étanche la soif des oiseaux et autres faunes noctambules d’hivernage. Ta nudité couvrait le délire des maux, ceux sanglants des batailles de Vie qui au pourtour des autres saisons se voulaient emprises de ta Vie. Enfouis dans tes chemins de nuit, des guerriers se taisaient, à la chaleur de tes odes réchauffaient leurs membres gelés. Seuls, sortaient, épars, les besogneux, volatils et fourrures de toutes natures afin de survivre à ton destin Royal car Roi, tu étais !
 
Roi d’un Empire de fécondation où la lie de la vie transhumait vers tes sérails d’oubli, où la source de tes reins engendrait ce qui bientôt remplacerait ton visage d’aujourd’hui.
 
Visage affolant, signe d’un temple désert, couvant une joie, paradoxe de sa propre identité, candeur aux yeux de ce monde dont les rires s’évertuaient à des chimères !
 
Rires de feux follets ruisselant des rives de glaces, escaladant des rocs, se mouvant au blanc épicé de rouilles nocturnes, enchaînements discontinus de verts roux et de noirs charbons de neiges de cimes allègres, celles des grands arbres asséchés de verdure par les souffles magiques de tes tempêtes de cristal, rire de ta profondeur, néant de ta vie d’autrefois, dénégation des vies terrées dans l’attente de la fin de tes hystéries.
 
Hystéries de tes mains lancées à la rencontre de l’eau qui bientôt bénira tes chairs enfouies sous l’écorce de ta peau, attendant le moindre de tes gestes pour se nourrir de ciel et d’espace, hystéries de ton vouloir destructeur de la vermine qui souille ton coeur, chants du Renouveau malgré leur caractère étouffant, car issus d’un devenir précoce.
 
Hiver !
 
Nature des plaines aux sinuosités rougies par le fer et sang des sèves, préparant les racines aux délices d’un âge vertigineux, délicieuses armatures des vestiges du songe où, mêlés, épis et touffes bruissent d’un sortilège d’arc-en-ciel lumineux, des rives glacées la source, parfum mystérieux que seules les mousses savent déceler par les chemins du jour ou de la nuit parcourus par les mille pattes des insectes qu’une course fidèle ranime au temple du sommeil, cristal aux branches des arbres battus par les vents, stances d’un autre continent qu’au lendemain des lunes diurnes l’on désigne en offrande afin de conjurer les sorts terrestres et mener aux enceintes le premier d’un soleil voilé, survie des yeux fixes des bêtes hagardes cherchant sous la neige, à la faille des bouches du sol, la nourriture salvatrice, chant de la puberté fécondée.
 
Nature froide étais-tu, froide de la frigidité des sens et des couleurs dans les cris et les plaintes des chemins et des routes, des espaces fermés et ouverts, laissant simplement quelques chaleurs aux anfractuosités de tes entrailles où vagissait l’enfant de tes eaux et de ton sang, limite de tes écorces de grand nom l’Hiver !
 
Chairs humides étais-tu, humide de tes spasmes qui sans cesse ruisselaient, fertilisant les champs et les vallons d’une bruine sans fin qui parfois, neige ou grêlon, faisait se tapir les vivants, si peureux de la mort qui en tes enceintes couvait la Vie, Vie de cri et de faim multicolores que seule ton avidité maternelle comblait.
 
Nature des plaines, paradoxe des cimes et de l’abîme, des flores et des faunes, artifice mortel préparant la Vie, éclatement du bois nu, voûte des herbes, force de la glace comme de la chaleur, du soleil comme du vent, du présent comme du passé, cortèges inoubliables et sélectifs des animaux tremblants, tyrannie d’une possession, ton âge brillait et, de la destruction à la construction, de la mort à la naissance, à ta surface comme en ton centre, laissait ta gloire victorieuse de ce que l’on nomme l’Etre …
 
Etre des plaines !
 
Fort de la force de la Terre que sa main lève telle une pâte  pour en former le grain nourricier, délectable à la bouche et au palais, têtu de la moisson du germe enfoui, attendant qu’éclatent les racines vers le ciel loin des masures couvertes de pluies et de neiges,
 
Assis à la ramure des chênes d’osier, le front courbe et l’âme figée, visage pantomime de la réflexion, réchauffant son corps des auréoles terribles des glaces, ce corps sans nom ni définition dont le sexe révèle la totalité au signe libre sommeil qui se développe,
 
Sommeil de retour après les marches parmi les champs levés sans soleil, balayés de vents et de sueurs humides, parmi les sillons tracés au milieu des cailloux devenus rochers, après la mise en cave des fermentations qui tiendront lieu de fête aux jours drus sans bûches quand le froid gagnera petit à petit les hauts murs de la ferme langée de guirlandes, dans l’attente des voix de Dieu, après le souffle irritant du blizzard reconnu par le visage entre deux maisons, distance qui couve la tendresse cachée par un manteau noir et bleu de l’épaule au mollet, après la disparition des pas sur le sol par les neiges subtiles, arabesques de passage découvrant les infinités de la gravitation terrestre, après ces visites aux granges et aux foins nourrissant les chairs de demain, après le petit verre d’amitié qui réveille de la cendre la jeunesse, celle des enfants qui courent dans le vallon à la recherche des boules de neige qui leur permettront de faire taire leur agressivité,
 
Nature Humaine des plaines !
 
Frisson langoureux de Vie combattant contre la horde des temps, contre l’aridité des terres, contre la mort, celle qui guette de jour comme de nuit la maladie du corps, vertige infini dont l’ensemencement, toujours et toujours, tel ton nom, O Hiver, doit recommencer, afin de Vivre ! …


 

Table

 

AMÉTHYSTES 3
 
- Prélude 5
- Nature, je vous aime d’Amour 9
- À voir 11
- Hivernal 13
- Noble demeure du vieil Age 17
- L’été du soir la nue suave 18
- D’une naissance l’orbe mage 19
- De ces fenêtres 21
- La ville 22
- Nature 23
- Le chemin 24
- Nuages 25
- Vallées 26
- Iles 27
- Des Temps naturels 28
- Aires des silences 29
- Hautes montagnes 30
- Fleurs de brumes 31
- Fleurs charnelles 32
- Cristal 33
- Qu’un hymne de joie parcoure 35
- Firmament de la Vie 36
- Voyage Amant Nature 38
- Randonnées des jours de vie 39
- Délice du ciel 41
- De l’orbe l’or de ces routes 42
- Le Lys 43
- De ce lieu vivant 44
- Chemin de Nature 47
- De jeunesse 48
- Le Temple Solaire 52
- Printemps 53
- Du Renouveau 54
- Amoureux Printemps 55
- Chant du Ciel 56
- Jardin splendide 57
- Mémoire de ces jours 59
- Aube de naissance nouvelle 60
- Été florissant de gemmes 61
- De l’Oiseau chanteur 62
- Et d’autres chants encore 63
- Tout Age livre Nature 64
- Fenaison d’Or, saisonnière 65
- Soir diamantaire 67
- Essence d’un chant d’Or 69
- Fenaisons lointaines 71
- Faces nombre de l’Olympe fastueux 73
- Palais d’hiver renouvelé 75
- Hommage naturel 77
- Inextinguible vœu d’arborescence 78
 
*********
 
Table 81


 
 

Paris 29/08/1978
Le Pecq le, 08/04/1981
Refonte le 18/03/2003
05/05/2004
Vincent Thierry


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