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Poésie

Guillaume Vivier - Uzeyir Lokman Cayci - Vincent Thierry

 

Jadis Demain

© Guillaume VIVIER

Extrait

Voix

 Je chante

Les fièvres

D'une âme héroïque

Vagabonde

Flottante de jeunesse

Dont "je" est un lourd secret

Je chante

à jamais partis dans le temps

Dans l'infini des songes

Somnambule

Dans la réminiscence des premiers désirs

Des premières voix, voies

Je chante

Mes jours éclatés

Bramant dans la forêt des mémoires

de la voix

Qui délivre

Je chante

Pour me souvenir

Du bain moléculaire

Dans l'enfance des purifications.

 Je chante

les désirs archaïques au ventre

portant en moi l'infini des siècles

et la renaissance

Je chante pour me souvenir

Des parfums millénaires

Soumis aux magies

De mes propres modulations

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Divers

© UZEYIR LOKMAN CAYCI

Extrait

Le chasseur devenu guide pour oiseaux


Le chasseur devenue guide pour oiseaux,
Avec ses deux visages
Contre les deux ailes...

Il a coupé les arbres
Pour fabriquer un arbre
Avec les petites branches asséchées...
Afin que les oiseaux s'y posent.

Il a arraché les fleurs
Pour orner les petits arbres
Afin d'égayer les oiseaux.

Il a mis de petites pierres
Grandeur graines de blé
Dans les assiettes
Afin que les oiseaux mangent.

Il a construit
Des poteaux avec des crayons
Des tours avec des poteaux
Des ruines avec des tours
Afin que les oiseaux s'y abritent.

Il a apposé des signatures
Toutes différentes
Sur les feuilles sèches,
Avec ses deux visages.
Sans que personne ne s'en aperçoive.

Après quelque temps
En chassant les oiseaux un à un
Il s'est venté
En disant que juges et procureurs
Sont ses amis.

Comme beaucoup d'autres
Sans trop tarder les oiseaux aussi
Ont compris la vérité.
Et de ce fait
Ils ont émigré
Dans d'autres contrées.
Et là-bas
Ils ont trouvé
Des pays,
Des gens bien,
Des arbres,
Des graines de blé dans des assiettes,
Et des fleurs de toutes les couleurs.

Pendant qu'eux là-bas
Vivent paisiblement
Le chasseur est deux visages
Conte les deux ailes.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT

AVCI KUÞLARA REHBER OLMUÞ

Avcý kuþlara muhtar olmuþ,
Ýki kanada karþýlýk
Ýki yüz ile...

Aðaçlarý kesmiþ
Aðaç yapmýþ
Küçük kuru dallardan...
Kuþlar konsunlar diye.

Çiçekleri koparmýþ
Küçük aðaçlara baðlamýþ
Kuþlar þenlensinler diye...

Buðday gibi
Küçük küçük taþlarý
Tabaklara koymuþ,
Kuþlar yesinler diye...

Kalemlerden direkler
Direklerden kuleler
Kulelerden viraneler
Ýnþa etmiþ,
Kuþlar barýnsýnlar diye...

Kuru yapraklara,
Her birisi deðiþik
Ýmzalar atmýþ,
Ýki yüz ile.
Hiç kimse bunu farketmemiþ.

Zaman geçmiþ
Kuþlarý tek tek avlarhen
"Hakim, savcý dostum..." diye
Öðünmüþ...

Birçoklarý gibi
Çok geçmeden kuþlar da
Farketmiþler gerçeði.
Bu yüzden
Baþka diyarlara
Göç etmiþler...
Oralarda
Ülkeler,
Güzel insanlar,
Aðaçlar,
Tabaklar içinde buðdaylar,
Rengarenk çiçekler bulmuþlar...

Onlar oralarda
Huzur içerisinde yaþarlarken
Avcý yalnýz kalmýþ
Bulunduðu yerde...
Ýki kanada karþýlýk
Ýki yüz ile...

Üzeyir Lokman ÇAYCI

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De toute Luminosité

© Patinet Thierri

ISBN 2-87782-043-2

59 pages 50 poèmes. Recueil de poèmes 1984 sous encart ISTAIL.

Extrait

Lyre de l'Univers au masque sans outrages...


Mais voici venir du large le nuage de la nuit, senteur d'une veillée aux flammes joyeuses et épicées des charnelles éloquences hivernales, le cri du Corps éveillant de multiples sensations dans le gestuel d'un incarnat où ruisselle le diadème et ses schistes ivoirins dont les lèvres amantes s'abreuvent, et la nue danse une féerie sauvage où des fêtes s'inventent et se parodient, où des cœurs palpitent et se révèlent, dans une pluie d'Or dont les souffles éperdent l'immortelle grandeur pour soif d'un désir, d'un plaisir et d'une force, œuvre prédestinée des heures terrestres, œuvre de forge et d'actes solsticiaux redorant le parvis charnel d'une extase propice au jeu et au serment, corps à corps de multiples ondes dont les fresques dérivent leurs marches de candeur, leurs marches votives ou bien encore mesurées, l'Astre enchantant la rive épanouie des diaphanes arborescences floraliques, jardin prairial où la nuit cottoie le secret de l'infini comme de la puissance, qu'il suffit de naître pour aimer, qu'il suffit de vivre pour s'éveiller, Nom sacré sur les Temples de nos jours aux fraîches ondes sycomores, des nénuphars l'églantier la fastueuse extase des rites alanguis, aurore de la Vie dont la pulsation vitale détermine le mystère et la beauté de toute Harmonie de l'Azur, du nacre constellée de l'Embellie aux transes d'un souci, course rare de sources vives en ce domaine profane où se reconnaît déjà l'iris d'un lendemain d'épure, large Voie de l'épanchement comme de la constellation des Mondes, du Vivant le Substrat le rythme éblouissant d'un passage d'une rive à l'autre, d'un rite à l'autre, d'un rythme à l'autre, dans une devise nouvelle à voir, de l'accomplissement le sérail d'un fulgurant message, celui de l'Unité et de son souffle, celui de l'Unité et de son Chant, celui de l'Unité et de son hymne, souffle, chant, hymne, mesures exondées du transcendant dans l'immanence de l'Etat Vivant, des rives l'ascension du Chant l'orbe du destin qui nous montre les mille parchemins, marque de fête nuptiale en la reconnaissance de chaque signe de l'Etre contenant lyre de l'Univers au masque sans outrage, la formalité même de l'écrin ressentant la plénitude de toute dénomination par la nature du Verbe de son corps, que l'Esprit règne dans la pluviosité, que l'Ame destine dans la voyance rare, que le Corps déploie dans l'affirmation sereine, que l'Unité dessine dans la floraison de l'initiation, démarche, fut il dit, que nous reconnaîtrons dans la vertu de la Sagesse et de ses forces loin de toutes impulsivités, carences domaniales, et le signe nous en parle dans la liaison rebelle maîtrisée, ce signe irradiant, augure messager de haute fonction dans la splendeur comme l'apprentissage, splendeur de la Vie, apprentissage de la Vie, des sites en parcours l'émergence de l'état Souverain du Vivant, sûr et fort, libre et harmonieux, distançant les pluies d'Eden pour naître au flamboiement Solaire dans une préhension glorieuse dissipant toutes nocturnes contradictions, toutes faiblesses sans raison, Devenir avenant l'épanouissement Suprême …
 

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Dernière modification : 29 mai 2008

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