HARMONIA UNIVERSUM  Auto Editions en ligne © Patinet Thierri

Présente

La Citadelle de Marbre :

© Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-065-3

ISBN 2-87782-165-X

 

Roman.

 Roman initiatique constitué en douze volumes, mode Antique Coryphée et Acteurs sur scène vierge.
Sujet : La reconquête de Véga du Cygne.

Tome I


Table des Actes :

- I) Celui qui vient
- II) D'occident l'ambre d'ys
- III) Les portiques d'Alphaheïm
- IV) L'initiable vertu du Chant
- V) Demeure du Cristal
- VI) Du Temple de la Beauté
- VII) L'Eveil de la Voie
- VIII) Par la Voie partagée
- IX) De l'Aigle au regard Souverain

 

EXTRAIT

. . . Celui qui vient . . .

 



" Conteur et mage s'il en fut, nous voilà devenu et pour le mystère et pour la gloire du passant, des étoiles messagères incarnées et divines les sœurs de nos prêtresses dont le sang bat des veines de corail, du souffle l'épure et la beauté des instances fidèles qui sont notre demeure, et la pluie d'or du matin, ce fut instance dans le préau des Sages agenouillés, ces Sages qui constellent de leurs myriades les terres de nos Chants,

L'emprunte des lierres à demi nu dont les fresques ourlent nos prairies de diamantaires cocons de laves dans lesquels se baignent les hirondelles du chagrin, ces oiseaux pourpres qui disent l'aventure et commettent de drames en drames la pensée fertile qui est annonce du printemps, après l'hiver et ses cohortes bruissants les rires et les maux des fenaisons humaines qui passent et repassent dans nos mémoires ouvragées,

Des cils pour l'ivoire et des signes pour la nue, l'onde fertile qui s'amenuise et respire un sacre pour un lendemain qui se vivra, la terre était douce dans ce lieu qui respire nos offrandes, la terre était tendre et prête à recevoir le don de sa désignation, venue des heures, venue des astres, venue d'on ne sait où, venue des terres là bas, austères et fières, inconnues pour les familiers de nos plaines et de nos cimes protégées,

Par la Magie du Chant qui dispose et fertilise nos hospices, par la Magie novatrice ouvrant ses ailes sur les cieux aux noirs présages afin d'évertuer leurs ténèbres au-delà de nos signes éveillés, nuptiales protections des heures par ce Monde où la guerre flamboie, où les sépales de la Vie se dissolvent dans des incantations funèbres dont les flammes gravitent la perception afin de dénaturer la vaillance et ses ordonnances,

La Terre en ce lieu, loin de l'égarement des mondes en détresse, la Terre disais je se dressait pour un accueil et ses floralies avides s'enchantaient pour affirmer la volonté de l'Etre qui viendrait, des lyres en sérails et des portées en règnes aux blondeurs opalescentes des brumes natales, l'œuvre était en germe, les soies tressées des rives de nos fleuves, les rives en marches de couronnes, et les pluies d'arc-en-ciel en moisson,

Destin des heures, destin des sites que le parcours des âges enfante d'une prouesse que les sens ne peuvent perdurer car au-delà des rites vagabonds, d'un art mystérieux les arcanes, cet Art déployé œuvrant des latitudes le respir de l'aube qui s'enseigne, l'aube fraîche et victorieuse, l'aube des nefs qui s'éploient sur les orbes du détroit cernant nos heures de passants, l'aube fulgurant des souffles les flamboiements Solaires,

Flamboiements des Ages et dessein des hymnes que nos Temples devisent dans de grandes envolées de parfums aux senteurs majestueuses, des flores l'ambre des fauniques allégeances les prés des âmes et les villes fortes des écumes que l'Océan destine dans la mesure de son respir puissant et solidaire, Océan de joie et de lumière baignant son schiste dans des ramures marbrières dont les pétales bleuis s'irradient de pulsions écloses,

Notre force et notre joie, notre accomplissement aussi, de villes en fêtes sans égarement dans le signe de la précognition des stances qui viendront, lors qu'immenses les vagues vont et viennent les franges de notre Ile continentale éperdue de mille flots, éperdue d'astre et de désastre dans l'histoire de son parcours dont le tumulte n'est plus que poussière, la poussière de nos songes que l'ivoire devise féerique,

Mânes futiles qui ne reviennent, la Terre altière riant de nos efforts, l'essor en son jeu fulgurant le devenir dans la promesse de l'avenir qui se montre, aux écharpes des granits, aux roches malléables des surfaces sablières d'ocre violet naturant les sources de nos stances d'une épopée qui ne s'enseigne mais se vit dans la pluviosité des rêves et dans la nature profonde de la réalité qui n'admet la déshérence en son propos talismanique . . ."

" . . . Et la nuit, onde légère, porteuse de rêves et d'incarnats, dans le bruissement des vagues portait un talisman, la nuit messagère aux ailes diaphanes des roseraies de l'Ouest, la nuit ourlée de fraîches vagues dérivant des astres la pureté de ce renouveau qui flamboyait l'Occident et ses pourpres citadelles, la nuit vécue, la nuit venue, sourde et signe des constellations que l'Azur déploie dans une mystique glorieuse et irradiante,

Des rives de l'océan Polaire l'arc-en-ciel des féeries de la nue du Détroit d'Idunn dont les flamboyances mauves se perçoivent au-delà de l'Horizon afin d'enfanter le Verbe lumineux de la grâce et de la majesté de notre aire souveraine, des rives les vagues brutales de l'orbe des banquises qui fructifient sous le vent aride et la poussière des songes qui furent, des songes qui vécurent, ces demeures de Cristal aux rêves déployés,

Demeures enceintes de nos songes, de nos aventures comme de nos épopées qui signèrent leur passage sur toutes frondaisons de cette Terre si tant nommée, si tant aimée, si tant adulée, Véga, du Cygne le firmament, du Cygne la Gloire éternelle qui frappe à la porte de nos mémoires pour demander une Vie nouvelle, une Vie meilleure, une Vie de la vie tout simplement, lors que se dissolvent les âges dans des ramures équinoxiales,

Ramures de la terre broyée, ramures de terreurs voyant des cycles de forge et d'étincelle le fruit amer de la nuit composer le verbe et l'iris en son sein dans la singulière déshérence des rythmes qui s'éperdent et ne se renouvellent, là bas, des fronts cosmiques l'envergure qui parle dans notre hommage, qui demande et signifie dans notre vague tutélaire qui s'emploie et se délit afin d'œuvrer la mesure de l'éternité en ce site perdu,

Nous en parlions dans ce jour lors que la tempête se levait sur les fronts de l'azur et que ses cohortes déversaient dans un flot ininterrompu les diluviennes désespérances des forces en états, ces forces dont le flux et le reflux ordonnaient la désertion de rives éclairées, l'apprentissage de la fourberie, de l'esclavage et de ses chaînes multicolores brisant la volonté des Etres par ce champ, des Etres par ces temps de troubles,

Empire éclaté, semé de discordes, enseveli sous les avalanches des reptiles infâmes aux croyances stupides délibérant le vœu de la gloire d'un seuil lorsque se présentait enfin l'accomplissement et le devenir de cet accomplissement au-delà de la terreur, au-delà des prismes de l'inconscience, au-delà des rides de l'opportunisme et des velléités contemptatrices œuvrées par des myriades sans savoir ni éveil, sans volonté,

Ivoire du sommeil qui pleut sur les Temples encore fidèles, ivoire cruel dépassant les mesures de la force, obligeant et signifiant la destitution, dans le plus lâche et le plus vil des crimes, l'abandon du devenir, l'abandon de la volition pour l'incarnation de la servilité, l'incarnation de la dérision, étendard des âges de ces âges qui ploient sous l'ignominie et dont notre aire protégée ne peut que vivre l'infamie, ne pouvait que vivre l'impérieux sentiment,

L'augure de la Vie dans son prestigieux dessein ne pouvant se satisfaire de cette destinée sans signification, nature naturée, renouvelant le site de la parure des jours heureux, libérant du sens advenu l'éclos du rite du Renouveau qui se parle dans ces cycles qui viennent et deviendront, ces cycles natifs de l'aube en ce sein de lumière qui au-delà de la pluie et des eaux se tient debout pour fertiliser l'Univers du Chant Vivant,

Navire du Sacre, de l'Age de la déperdition, les ramures qui se tendent sous le vent de la violence, des matures debout au milieu des ruines levant l'oriflamme des Aigles intrépides aux courses manifestées et superbes, l'éclat du songe qui brise les ouragans et les promontoires de la désincarnation, libérant des flots hâtifs le signe de la puissance en gestation, de l'Enfant sauvé de la brume le Cristal en demeure qui parle notre conscience . . ."

" . . . De cils en forêts, de champs en marécages, de déserts en cimes, dans la nue venue l'ouvrage clair qui nous fut, l'ouvrage déifié qui nous vint, nous faut il, dans la mesure du conte qui sera ouvrir ce Chant, et sa plénitude dans le miroir des opales qui baignent un lys fertile sous la nue, devenir de l'iris et de sa beauté, par le souffle des étoiles passagères qui enseignent le Verbe et sa déité, sa préciosité et son éclat,

Nous faut il venir l'orbe des ramures de ce temps, qui équinoxial ne devrait compter, qui insipide ne devrait se suffire, lors que depuis des millénaires s'éclos le Chant dans l'ambre fertile d'une randonnée sublime, Hymne glorieux né des pentes de cet abîme, Hymne de joie et de bonheur éclairant toutes faces conquises des amas des nébuleuses du Couchant, comme de celles de l'Orient, dans la pure flamboyance du signe constellé de l'ardeur,

Dans la postérité des temps qui nous parlent et nous consument, dans la postérité des nativités et des mortelles errances, dans le clair-obscur frontal des pensées bannies, dans la prêtrise du moment somptueux qui se désigne et s'éclaire pour s'offrir dans le drame le signe du Renouveau, des âges anciens aux âges nouveaux toutes faces des myriades qui interpellent cet état dont la puissance accomplie se délie pour s'offrir et se signifier,

Devenir et stance du devenir dans les flots qui vont et viennent les plaines de jade des cycles et des souffles visités, devenir majestueux dont il nous reste à vivre les pures densités dans les déploiements des passions signifiées des arcanes de la beauté aux laideurs les plus outrageuses, des rives en rives le respir de l'orbe qui se meure puis renaît afin de fertiliser le seuil de sa parure magnifiée que nul ne peut taire ni oublier,

Ivoire de l'hymne dans la Sagesse de la précision l'heure œuvrée de vaste augure dans le flamboiement des cristaux qui devisent les plaines du sérail, l'onde joyeuse des sites ouvrant sur les mers astrales l'éclair de la puissance et de son vœu, après les défigurations des songes libres dessein des demeures dans l'épanouissement des signes qui se transfigurent, un Monde délaissé pour un Monde libéré, des fresques le rêve éclairé,

Iris en la nuit porteuse de message, de l'éclair impitoyable navigateur les forces harmonieuses, ce temps dessinait sur la plainte de la Vie un rempart qui se devait de naître, et la pluie d'or du matin, dans la brume impitoyable, traversait ce voile pour offrir aux yeux incarnés l'ambre fertile de la moisson de ce Chant qui devient, le fruit d'Or de l'accomplissement en devenir, fruit de l'Etre en sa désinence et sa puissance,

La guerre avait balayé le respir des ouvrages acheminés, la guerre terrifiante dans sa démesure prononçait encore ses détails dans des rêves désincarnés où la lumière périssait, et des villes en flammes achevaient de sombrer dans l'abîme, les eaux se refermaient sur leur cristal, des temples s'effondraient, des demeures montaient des litanies où la prière n'avait plus place, seul gouvernait le désir impétueux de survivre,

D'Hyperborée la magnifique, centre de l'Océan Polaire, au milieu des ruines dressées, au milieu de ses champs ravagés, au milieu de l'effarement et de l'effacement, Celui qui vient attendait son heure, Celui qui vient au-delà des sarcasmes, des infidélités, des destructions, des lâchetés et des compromissions, Celui qui vient préparait son Cycle de Renaissance, dans le fracas des armes et la tempête des mots, dans la bourrasque des cris et des meutes,

Né d' Arvak, suivant la route des fleuves d'Eligavar au milieu des neiges ancestrales, venait son pas les Monts d'Airain à la cruelle destinée, nanti pour tout devenir que d'une mort Souveraine au site du feu de la flamme légère des respirs enneigés, Enfant au berceau ne sachant ni Dire ni offrir, Enfant à peine né déjà voyant et percevant dans sa totalité l'immonde iraison l'ayant destitué de son rivage d'innocence . . . "

" . . . Que le Cil de l'Aigle témoigne dans la rosée nuptiale des frais matins de l'ivresse vagabonde, le Cil de la pluie, le Cil amer des vagues amazones dont les fêtes s'écourtent devant les remparts où se prosternent les prêtres féeriques, divins de grands âges d'épures les lys qui vont les cygnes constellés des moissons solsticiales, ces aires sans repos de lagunes au feu d'une forge sublime qu'incante le respir ouvragé,

Cil sauvage sous la brume des natifs errants délibérant des largesses le vouloir d'une imposition où d'un front commun une rupture devant la mort et ses équipages déserteurs, Cil vaillant désignant le sursis et au-delà des cimes la destinée d'un Règne trahi dont le rêve doit se perpétuer et demeurer afin que le ciel de nouveau flamboie l'horizon majestueux de la divinité qui s'éclos, mesure de toute victoire de l'Etre ployant sous le joug,

Cil encore dans la vertu passagère des Mères apeurées et des parfums de larmes qui s'épanouissent sur les routes sombres de l'avenir, Cil encore s'il en reste du regard vertueux livrant une parure pour signifier au-delà de l'allégeance la Nécessité du Vœu de l'Empire mortifié, par le cœur palpitant l'évocation des Chants qui furent et ne doivent disparaître afin de perdurer l'Histoire de la pure Harmonie qui doit devenir,

La nuit tombait sur cet équipage de fidèles, de pourpres cavaliers ceints de la couronne frontale de l'horizon, cohortes en prises d'aubes blanches lumineuses et stellaires des Mages et des Sages dont le clair regard désignait le lendemain à vivre, éclos d'un Peuple d'Artistes et de Prêtres devisant le séjour Impérial et ses ruines en ce Monde, en cette Heure où pleurait l'Enfant de l'Avenir dans un souffle épuisé et mélancolique,

Le ciel prenait couleur de deuil, les femmes cachaient leur visage, les hommes témoignaient, et dans le clair éclair du feu bruissant aux pentes des Monts d'Airain, cette troupe de survivant au-delà de l'apitoiement dressait la route à naître pour que le Cristal délivré puisse jaillir la flamme de sa force et de sa puissance en naissance, vœu de l'Astre que la mémoire conserve dans un souci d'éthique profonde que ces siècles parurent,

Au milieu de la tourmente et de l'affliction les plus profanes, au milieu des flots de morbides délivrances jaillissant les ruines des villes et des sites traversés, hier encore riches et vivants, ce jour désertiques et profanées, ce jour masquées par les fumeroles des pillages et des éclairs de sang labourant les terres du Vivant d'un soc monstrueux dont les menstrues éclaboussaient l'Univers d'un Règne au profit de la hideur,

La pluie pénétrait le songe, la neige s'amoncelait, les champs de la fertilité disparaissaient, les Lunes d'Erigée traversaient les nuages floconneux pour travestirent la luminosité d'un éclat blanchâtre sous lequel les Etres ressemblaient à des fantômes et non à des Vivants, des cris et des plaintes secouaient ce drame, et ces cris et ces plaintes montaient vers les cieux, rebondissaient sur les couches nuageuses pour s'amplifier,

Revenant à la Terre dans des aires maladives spoliant la nue de son œuvre talismanique, toute pensée obnubilée ne pouvait que fléchir devant cet embrasement situant des sources de la vie la dénégation et sa compréhension dans les cavernes de l'oubli, les Guerriers eux-mêmes en arrivaient à trembler, eux qui furent les derniers remparts de la vie, eux qui combattirent dans des fresques cruelles dont le conte viendrait,

Seul, au milieu, l'Enfant en pleur, ne savait, ne pensait, seul au milieu, et les regards se portaient vers lui, vers l'espérance de leur chant et de leur luminosité, les regards s'embrasaient, délaissaient cette peur comme cette terreur, ils se devaient et ne pouvaient l'oublier, ils avaient vu la mort des pentes de cet Etre, ils avaient vu des massacres et bien d'autres choses que l'imagination ne peut décrire tant la laideur est soumise . . . "

" . . . Au milieu, l'Enfant se tenait, les yeux humides, le regard éclairé par les constellations, les Lunes d'Erigée n'ayant pas de prise sur leur miroir en lequel une flamme faite de tendresse et de volonté se dressait, flamme irradiante que percevaient ces cohortes qui venaient de le sauver de la mort fatale à laquelle il était destiné par le fer des hordes septentrionales, et cette flamme indiquait le chemin qui devait être pris pour perdurer,

Perdurer le Cycle et le Site de l'Empire, mort ce jour dans les fantasmes de la déchirure qu'improvisaient des souffles putrides dont le nom ne saurait être prononcé pour ne pas mettre en péril la demeure de cet âge, la demeure de ce lieu vécu et vivant, demeure à renaître, demeure à revivre lors que les derniers feux de la nuit pulsaient des senteurs de charognes bercées par les crémations des vainqueurs à propos des rives ancestrales,

Cendre dispersée des vaillances et des ardeurs, cendre dilapidée de la mémoire des âges, de la force comme de la volonté, de la beauté et de l'harmonie dispensées, cendre d'une civilisation n'ayant pas su taire les dissensions et les éclairs de parures autoritaires et négatives, instances de troupes en mal de pouvoir, instances tragiques dont les fronts réunis venaient de perdre à tout jamais pour des siècles la parole de la justice,

Par ce sol labouré de chairs sanguinolentes, par ces rives glacées de terreur voyant les chaumes brûlés, les nefs de cristal dispersées, les villes anéanties, les routes saccagées, les prairies et les cimes destituées, les foules en leur sein se couvrir du voile de la mort, les femmes en pleurs, les enfants épris de peur, les hommes repliés sur eux-mêmes, les animaux s'enfuir dans des galops tragiques les menant à l'abîme, toutes faces désignées s'éployant dans une danse macabre,

Dans la mendicité du souffle, dans l'ablution du sang, dans la détresse couronnée, dans la pâleur morbide des ossuaires, dans l'affliction la plus déshonorante et la plus vile, Peuple broyé tenant en ses mains les chaînes du servage, Peuple officié dans le désir de taire les infamies apprêtées à la reptation coutumière des ires belliqueuses, l'onde accomplie en son présage dressant sa volonté de marche souveraine sur les restes acclimatés de sa désespérance,

Les derniers soubresauts de la réalité dressant leurs oriflammes aux frontières du vide, destinant un combat majeur qui se conterait par les siècles déposés, des hymnes perçants l'orbe et son degré, la Chevalerie de ce temps ouvrageant ses détails et ses armoiries pour charger l'écume rougeoyante des conquérants ténébreux de leur Ame, ivres de la folie les soutenant et les signifiant, ivres de la destruction et de ses hymnes,

Dans la plaine d'Arvak l'éclat lumineux, qu'ivoire les rides des visages dans l'accomplissement, haut fait d'arme permettant la fuite de Celui qui vient, que le respir flamboie dans la démesure de l'Action majestueuse isolant les Etres du Temps comme de l'Espace, Don soulevant les cimes et les abîmes pour offrir le spectacle d'un sacrifice dont l'éternité toujours fixera l'attention des espèces par les multiples cieux étoilés des Règnes vivants,

Eclair du nombre les regards d'acier libérés des contraintes de la Vie comme de la mort, combattant et combattant encore jusqu'au dernier souffle, jusqu'au dernier Chevalier, jusqu'à la désintégration complète des rives qui furent, sous les assauts tumultueux et signifiés des hordes conquérantes, obligeant au souvenir, obligeant à l'admiration de l'adversité elle-même, obligeant à l'Hommage le plus noble l'Eternité,

Dessein de l'Oeuvre dans les clameurs éteintes des rives arrogantes le fruit du destin qui passe et ne revient, l'arrêt des combats d'une heure seulement permettant au Vivant la condition de son accomplissement, la condition de son devenir et de son chant au-delà des myriades farouches de la destitution de son Sacre et de son déploiement, dessein qu'ivoire la pluie de l'Aube en ce chemin qui luit l'espérance par delà le chagrin des hymnes éclairés . . ."

" . . . Sens de l'aventure déployée, l'iris majeur de la vertu natale de l'œuvre en gestation, des sens advenus l'autorité du Verbe en semence, les fruits de l'orbe s'enhardissaient du dessein à naître, et l'aube prairiale dans sa densité et sa luminosité opérait une vigueur nouvelle à voir dans le jeu des voix en éclats sur les pentes de ces cimes enneigées qu'il fallait traverser pour vivre, qu'il fallait dépasser pour enseigner la pure destinée,

Cristal les facettes l'ambre à genoux des fenaisons de l'Ouest, le sort fut en ce feu d'un dépassement de la volonté, les cohortes se mirent en marche, le silence régnait, au Nord se dressait l'inaccessible et l'impossible, ces Monts d'Airain tant de fois contés, tant de fois enchantés, jamais vaincus par les sources de la Vie, sinon celles des Oiseaux Lyres dont les fêtes sont de nuptiales entités par l'azur enfanté,

La plaine délaissée montrait ses sillons en flammes, ces chaumes détruits, il y avait dans l'air des senteurs croisées de sacrifices et de miel, la raison ne pouvait retourner son regard sans pensées pour les Etres de ce Temps qui avaient donné leur vie afin que l'Empire, un jour, peut être, renaisse de cette tourmente, de cet égarement qui maintenant constellait par les brumes la Terre d'Hyperborée, la Terre Ancestrale sublimée,

Oasis, un lac Solaire se dessinait sur les portiques de glaces, les dernières blancheurs matinales disparaissaient dans des volutes de givre dont les splendeurs étouffaient sous les hymnes du firmament, le froid gagnait tout équipage, et les vêtures à propos des cils du Lac Impérial n'avaient plus coutume, il fallait tresser sur ses chairs des peaux animales afin de survivre à la pénétration des heures épanchées dans un souffle austère,

Rives en détails, s'irradiaient les secondes sans amertume, les chevaux ne tenaient plus et délaissaient toute aventure, les hommes et les femmes se chargèrent de leurs dépouilles afin de se nourrir, au loin, dans un envol glorieux les Aigles scrutaient cette arrivée impromptue dans leur aire majestueuse, fétu de pailles à leurs yeux, tache de couleurs devisées dans des formes informes d'où sortaient des haleines prismatiques,

Ici la féerie n'avait plus mesure de déploiement, et les Etres de son sein lentement s'éteignaient, isolés du reste du monde, isolés des Etres de leur sort, chacun se devant, un pas après l'autre, d'avancer dans ce désert fabuleux, afin de vivre encore et encore pour survivre, éclair terrible dont les traces témoignaient, des congères ici et là, toujours debouts, ou bien couchés, des cadavres durcis ayant encore respir du sourire,

Les cohortes s'amenuisaient, la mort fauchait leur équipage, non la mort destructrice, mais la mort purificatrice, la liberté du Chant demeurant son principe, le soir venu en compte de ses états, il fallut bien prendre en considération son œuvre terrible, il ne restait de l'Empire à propos plus qu'une centaine de vivants, les plus forts et les plus vifs, et les comptes prenaient une envergure sans pareille, ici venait de mourir la pensée de l'Empire,

De prêtres, il ne restait, de Sages encore moins, de Mages quelques-uns uns, de Guerriers nombres et fort heureusement, quelques Femmes encore, la noblesse n'était plus, l'Aristocratie restait vivante, l'Aristocratie du Sang et de la Terre, et cette troupe issue des millénaires gardait le lieu propice où lentement s'éveillait Celui qui vient, non plus en pleur, mais souriant, comme s'il avait compris qu'il était sauvé des affres de la mort,

Sous un site glacier, ils reposèrent, veillant tour à tour afin de distraire leur vie des animaux féroces qui hurlaient dans la nuit éclairée, tour à tour ils dormirent essayant vainement d'oublier ce lendemain qui verrait encore mourir un certain nombre d'entre eux, essayant de créer un lendemain qui les verrait enfin aborder les rivages de l'Océan Polaire où ils savaient qu'ils pourraient bâtir une nef et partir vers une contrée meilleure à vivre . . . ". .

" . . . Mage la nuit féroce dans l'aube de ce Temps, des fruits d'hiver les givres aux blancheurs éclatantes et les moissons de neige aux cristallisations parfaites, la mémoire des Vivants s'y incarna et releva sur l'aube le défi des hymnes éclairés, cœur palpitant l'horizon, la dernière cohorte avança le sérail de Midi, zénith solaire où les éléments forgeaient l'éternité pour en assouvir la plénitude et l'impalpable beauté,

Ce fut une épopée monumentale comme peux d'Etres en vécurent par les cycles des Ors lumineux, ces temps Anciens qui frappent encore la mémoire de leurs contes Divins, au temps des errances avant la frondaison de la nue, lors que s'écharpaient dans des vents nuitamment dressés les nefs corraliques des Hespérides et des Impériaux, la mort pour seul visage, la Gloire pour seule survivance dans ce Monde renouvelant leur deuil épousé,

Le songe précieux n'était plus de ce lieu, il fallait vaincre ou mourir, il fallait devenir ou périr, et les pas marquaient dans les cristaux l'annonce nuptiale de cette survivance, nul cri, nul sourire, chacun en sa destinée assumant sa pérennité s'obligeant à regarder au-delà du vide, au-delà des strates broyées par les avalanches et les semis de glaces béants afin de naître le pas suivant, le pas signifiant permettant d'aller en avant,

Heures fabuleuses voyant le Vivant affronter l'irréalisable, la traversée de cimes inconquises, des falaises aux sommets invisibles, de crêtes en crêtes jusqu'aux cieux poudrés de flamboyances vives, heures terrifiées diurnes et nocturnes permettant aux Etres de ce chant de s'éclore au-delà de ce que le Vivant peut supporter, dépassement majestueux irradiant la volition jusqu'à ses dernières extrémités, la volonté de vivre au-delà des espérances,

La volonté souveraine acclimatant toute face de la nuit comme toute face des jours répétitifs, la volonté supérieure signifiant au-delà du drame la perception de la victoire sur tout élément comme sur toute structure, dessein du Verbe en sa parure Souveraine, l'Enfant né tressant un sourire après les larmes sur l'horizon de cette aire où la vaillance ne se contait plus, car devenue indéfinie dans ses composantes majeures,

Dont les nombres fulgurent la puissance de la Vie par les constellations vécues, dont les nombres sont exactes parures de l'immortelle destinée de la Vie par les féeries galactiques qui se proposent et disposent, dont les nombres accomplis sont marches de cristal vers la lumière et son éblouissant royaume transfigurant chaque état de la Vie pour l'ouvrager dans l'Eternité, dont les nombres sont mesures de la force et de sa créativité majestueuse,

Dessein du Verbe dont les signes sont des fronts d'envergures à parcourir et délivrer, au-delà de la facilité et du statisme comme de la contemptation, l'ardeur ne pouvant naître que du désir de maîtriser toute situation des plus nobles comme des plus désespérées, l'ardeur ne pouvant être qu'accomplissement et non désintégration, reconnaissance des limites et de leurs forces par delà le cocon des atrophies,

Par delà l'irréalité des vœux sans forces se complaisant dans la faiblesse et l'autorité de la faiblesse qui n'est que lâcheté, par delà le laxisme et ses frondes désertiques dans lesquelles se bercent les troupeaux sans âme, par delà la douleur comme par delà le plaisir, au-delà de ces hydres de la passion qui ne sont que vides de la perception et ne mènent qu'à la fatuité du renoncement à la Vie, comme du renoncement à son exacte ascension,

Des cils éveillés le vécu qui forge et trempe dans l'acier le plus invincible les Etres en cet état, conscience du propos élevant l'Etre au sommet de son éclair dans la pensée unique de la Vie, son flamboiement et son destin, son devenir et sa transfiguration, oriflammes de cette troupe désincarnée livrant un combat sans haine afin de naître et renaître l'harmonie Souveraine qui se doit par les rives enseignées . . . " . . .

" . . . Et des cils en éveil, des sourires sur les lèvres gercées, qu'une démarche difficile contemple, dans le bruit des pas froissant la neige, sous le clair-obscur des plaines argentées sur lesquelles s'inscrivent dans l'effort l'essor de l'Etre en portée, au-delà des remparts du vide, inscrivant son Nom comme son impétuosité sur les signes de la Terre qui se chante et s'incante, sur les sites du désert que l'Oeuvre conquiert,

L'iris de l'aventure qui se doit non dans un songe hâtif, mais dans un rêve éclairé dont les fresques s'incrivent dans les mémoires du Vivant, se témoignent dans les demeures auprès des foyers près desquels se rencontrent les âges afin de disserter du renouveau, du passé et de leurs stances magnifiées, Ages en répond du Cristal les multiples facettes que le Chant découvre par les fresques éveillées de l'Etre au firmament de sa gloire libérée,

Souffles du souffle qui régit l'Univers et ses cohortes d'étoiles blondes, des semis de moisson l'orbe en séjour des fruits glacés l'ambre satin des roseraies des épures de la nue qui vont et viennent le signe souverain, ce jour en émoi des rêves porteurs l'Ordre délibéré des justes mesures éployées le front de l'Océan, augure prestigieux relevant de la noblesse du caractère qui s'impose et dispose de par la volonté nuptiale de l'éclos,

Cela fût, et dans la nuit, lors que soulevés des vents Polaires les restes de la troupe qui sut trouver s'affligeaient en secret, le Nord magique développa son Chœur majestueux, des isthmes de la pensée le rêve éclairé qui frappe à la porte de l'imaginaire l'empire du moment et de ses songes, sans drame, sinon celui de la perte des Etres chers disparus aux limbes des cristallisations de la pluie violente et tourmentée de l'épopée,

Il y avait là, comme toujours, mesure de la réalité dans ce qu'elle a de plus exaltée mais aussi de plus humble, l'onde des cils de la Vie bruissant chaque éclair des stances de la Voix fastueuse des éléments s'entredéchirant et se dévoilant, des plaines de cristaux liquides aux horizons limpides épris des couleurs du prisme solaire dont les teintes ornementaient des calices de schistes corraliques évaporés de brumes éphémères,

La ramure des flots y trouvait nidation et source des opalescences vierges chevauchant ses écumes d'ivoire, franges au marbre bleui d'amazone épicée les formes élevées s'irradiant de portiques argentés sous lesquels la lumière respirait de fertiles ovations, de tendres mélopées mais aussi de violentes couleurs dont les stances dépliaient des draperies d'or et de grenât où naissaient d'équivoques partages et des sensations étranges éblouies,

Le feu était présent et par le feu incarnait le devenir en pulsion, les Etres en ce cycle levant un regard d'azur s'éprouvant des lendemains à naître pour offrir une force nouvelle à leur corps dépassé par la fatigue et l'émotion, réunis se concentrant autour de la lumière protectrice et salvatrice dispensant des bienfaits les ressources des chasses nocturnes mais aussi au-delà des agapes un bien être rétablissant les énergies dispersées,

Un lendemain devait naître, il serait conjonction de ce renouveau qui perlait dans les yeux conquérants, ces yeux qui savaient qu'il n'y aurait bientôt plus de place pour leur regard dans ce siècle mais aussi sur cette planète, ces yeux vigoureux qui maintenant engendraient le devenir d'un seul parcours, celui de l'Empire représenté par cet Etre innocent dont le cœur palpitait leur seule raison de vivre et de combattre encore,

Dessein du Verbe dont les espaces ne sont pas nécessairement liés à la pérennité du nombre, dessein ingrat mais aussi resplendissant voyant ces Etres accomplissant le sacrifice suprême de leur Vie pour que vive l'Idéal de leur force, de leur joie, de leur croyance, pour que renaisse le sentiment de l'Etre là où ne subsistait plus que le sentiment de l'animal sur le Vivant, dessein magistral dont le feu reste à conter afin qu'il survive au temps . . . " . . .

" . . . D'Orbe le miroir des Ondes l'ambre parfum des Chants qui furent, l'aube levée de blanc matin montrait son visage d'airain et sa puissance délivrait un message de vaillance, irradiant de ses voix l'Azur d'un serment merveilleux, la tonalité des vents s'était tue, le large respir des fresques de l'Océan Polaire levait son voile devant la pénétration des hymnes Solaires embrasant l'immensité de son nectar de pollen bleui, de vastes mélancolies nuageuses disparaissaient l'Horizon,

Sépales de l'ardeur de la floralie des songes, l'Oeuvre incarnée dessinait le respir fractal nécessaire à la désignation de l'action par la pluviosité du granit et par la ferveur du Chant, les quelques Chevaliers encore Vivants dressèrent au-delà de l'oriflamme des vagues et des terres cristallisées le signe conquérant des flots, des fruits des sèves le temple des bois d'ébène recueillis avant le départ mortel, portés de mains de maître vers ce recueillement,

Nature naturante épousée de la Vie comme de la mort dans ce cycle de terreur qui fut, voyant éclose la promesse du jour, l'ivoire d'une Nef azurée berçant l'Enfant de la destinée qui ne comprenait encore le désir poussant ses fidèles à l'unir aux flancs de cet orbe qui allait lui permettre de vaincre les éléments les plus sauvages comme les plus fiers, les ouragans et les éclairs les plus intrépides, les forces démesurées de la Nature vivifiée,

L'heure allait venir de cette séparation, l'heure fatidique lors de laquelle l'Empire partirait vers d'autres contrées meilleures à naître, ou bien périr, car nul ne savait alors les passes au-delà de l'Océan Polaire, nul n'avait conquis cette route maritime pleine de prismes et de croyances indéfinies forgeant dans la mémoire des Peuples l'image terrifiante d'une impossibilité majeure de conquête comme de déploiement,

Nul n'avait vécu les faces de cette volonté farouche déversant ses flots de schistes sur les Terres d'Hyperborée, ces diamantaires nénuphars et ces corraliques effervescences dont les méandres trouvaient place jusqu'en les terres Australes de ce lieu qui fut l'image de la beauté de l'Empire, nul ne s'était égaré et n'avait voulu s'égarer au-delà des franges de cette puissance dont l'incantation brisait ou semblait vouloir briser toute velléité de conquête,

Nul sauf en ce jour, en cette heure magnifique voyant le respir d'un Avenir se concrétiser dans le départ de la Nef annonçant Celui qui Vient, par delà les mystères de sa force tumultueuse, par delà les prononciations et les condamnations de son sort, par delà les malédictions et les étranges comportements liés à sa reconnaissance fragmentaire, par delà les songes et les rêves porteurs en son Univers fait d'inquiétude et d'ignorance,

Iris en sa pluie d'or le corail et le marbre de ses lys, devant l'Azur, derrière les Montagnes auréolées de blancs nuages, une brise légère portait l'Enfant vers d'autres cieux, demain serait un autre jour, les Chevaliers regardaient partir leur espoir, déjà un point sur l'infini, disparu à leurs yeux aux premières frondaisons des vents hurleurs, les Chevaliers se désignaient, ils allaient revenir d'autres combats, d'autres éclairs,

Maintenir l'Esprit du Chant par delà les aventures stériles qui tiendraient lieu tandis que peut être dans l'annonciation reviendrait d'une pure et éclatante jeunesse l'étreinte de Feu de l'Enfant qu'il délaissait à la puissance de l'Absolu, peut être, et les lèvres gercées de ces Etres de puissance d'un sourire s'éclairaient, et les regards s'épanouissaient, ils ne devaient pas mourir, ils devaient vivre jusqu'à son retour flamboyant,

Ils devaient être les prêtres annonçant l'arrivée de Celui qui Vient, Celui par lequel tout redeviendrait, Celui par lequel l'Empire renaîtrait des flammes dans lesquelles il périssait, Celui qui Vient, Celui qui serait et restituerait à la terre profanée la splendeur du propos et la vaillance de l'agir, la force de l'Avenir et la puissance du Devenir, Celui qui Vient, Celui qui forgerait l'Eternité après les miasmes de la déshérence et de ses basses œuvres!..."
 

 

 

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