DE MARCHE HUMAINE




DE MARCHE HUMAINE



 
 
  

DU VERBE

 

Du grand Verbe, le Verbe de l’Etre ce Système, et de ce jour la consécration dans le Vivant absolu, l’étoile des rêves passe par la fusion des rythmes, mais ces rythmes sont granit et leurs échancrures dérivent mortellement par Ages anciens et Ages nouveaux l’opaque gravitation d’une permanence dont la stérilité s’évoque, mémorable, dans la gravure épique de nos voix, d’hier les reflets avides par l’ignorance le secret d’un vaisseau cargué sur une mer de folie où les Sages allaient un éveil incertain dont les combles des Terres recouvrent la poussière des os brisés et des chairs oubliées, primitives essences d’un effort insatiable aux randonnées du savoir méconnu de plupart comme cache tombe où l’iris du cercueil découvre aux sons de l’Eternité le sens de l’Eternité, symbolique profusion d’un vertige, plan de l’Avenir que les Temples brisent sous la souffrance éthérée de leurs mythes effroyables, Divins par le Temps l’escale d’un Printemps si renouvelé, odes périssables des victoires, contractées de lourdes batailles aux effluves de la mort, sceau sacré de la Fidélité, hors du jour et du Temple, hors de toutes surfaces comme une suffisance malhabile aux formes ingrates et terribles du devenir déclaré, la Terre tremble encore de cet éclat et nos mots ne savent que dire sinon ses maux éveillés, larges plaies vivaces aux mémoires de nos siècles, du Croissant de Lune à la Croix, formes étendards parmi tant et tant aux fronts de Lumière, Lumière dont nous pouvons nous demander si elle subsiste encore, si tant prise et esseulée à ce feu ?



 

CETTE IMAGE

 
 

Des hymnes s’enchaînent, vaisseaux formidables de villes en flammes, débordent la gravure des Continents pour s’affaisser aux catacombes des Océans glorieux et sages, un instant les larmes cessent de couler des yeux pour faire place à un grand cri d’orgueil, chant qui s’estompe puis disparaît la rive de la Terre nue et cruelle dans un hurlement de douleur !
 
Ainsi cette image dans l’aube nouvelle où la mémoire devine l’éclair puissant qu’une Energie dévoile, Energie souffrante dont l’orbe meure sous des fléaux essentiels et terribles, stances qu’Humanité montre de ses plaies couvrant les silences dans un effarement maudit, de nulle demeure, de nul visage, mais y peut-on croi­re quand le flamboiement se désigne ?
 
La masse confine à la masse, le labyrinthe est une étoile et l’on aimerai s’y perdre pour ne plus s’y reconnaître tant cet Univers dépérit sous le magma d’une insupportable ivresse, la matière y est règne, le spirituel caveau de l’incertitude, ainsi en est il des marches éternelles, dissemblances paradoxales ou l’introversion anime l’entropie par oubli du fertile!
 
Ici la dégénérescence s’accentue, là-bas diminue, plus loin semble disparue, le statisme dans l’antagonisme fluidifie ce fleuve où se mêlent les Humains ...
 
La nuit y porte une ombre, la lumière y porte un deuil, la nuit, la nuit et ses flambeaux d’archétypes statuaires fondent leurs regards sur l’abîme où plonge un épervier, où sont des tumultes de flammes de quelques couleurs,
 
Océans de soufre dans ce volcan déchaîné qui nous tient lieu où sombre un navire triste, d’enveloppe quelques vagues, manteau d’iode le protégeant des derniers courants traîtres et perfides broyant sa coque d’insigne lézarde empoisonnée, fumerolle complexe dont l’ardeur d’esquifs en esquifs symbolise l’acte de méprise par lequel, stellaire, il fut engendré, quelques bois se révoltent, solitaires d’une solitude éprouvante, réunis par la seule constante, l’Énergie, et les fers s’accrochent, et leurs veines éclatent sous la masse efforcée et sinistre d’une ramure liquide, naissance de son vœu déjà l’oubli total de sa grandeur, néant de quelques fosses battues par des vents d’apocalypse…
 
Lors en cette déchéance me semble-t-il voir le vide, mais un vide parallèle et non celui de l’espérance, pourtant cette vision seule ne m’offus­que pas, car je sais la possibilité de la nécessité, le Temps n’est que situation et de fait la connaissance de l’Action en son sein l’image même de son champ, catalyse imprenable dans le nombre comme les plus grands espaces de la pensée par ce nombre ...
 
La réalité dépasse la fiction, adage très connu et pourtant si mal employé, le vermifuge gronde nos entrailles sans que nous ne percevions le moindre spasme révélateur de l’état de son hymne, qui donc sait regarder ?
 
Terrible pétale dont l’étoile mouvante et ordonnée semble se complaire à l’abstraction et à l’indifférence, le jeu Humain est un cycle perpétuel où il faut plonger pour assouvir sa passion, comprendre puis naître...
 
Le multiforme s’y assoupit comme les vagues aux creux des mers, l’on ne rencontre sa parure qu’aux extrêmes de son verbiage, extrêmes où sont des naissances puis des morts, car toute naissance en cet état est déjà mort, lors ce papillon multicolore, formidable éclipse dans le royaume de la mémoire, vole vers des serments et ces Ages parcourent, intenses, le devenir d’une aube qui n’en finit plus, si tellement riche de visions, si tellement forte de sensations, extraordinaire perception qu’une Ame regarde, éveillée,
 
Un parfum irise son sommeil, parchemin étiolé, vague écueil de bois à l’Océan se donne, la pluie nue roule son rubis par toutes faces des Mondes lors, emblème, au vent salutaire il se délivre de son voile pour offrir le détail d’une marche avenant la gnose Humaine, gnose dont je sens vibrer la perfection, et sa vue me rassure il y a là toutes formes engendrées le multiple d’un corps et l’Élite organique d’une Ame cosmique, la force vitale d’une Pensée énergétique concrète !
 
Mimétisme dans le charnel cet ouvrage gigantesque d’extatique semble le reflet, le formel disparaît sous l’étrave de la force mère, là où le Vital était n’apparaît plus que l’agressif, source intemporelle dont le front balaye l’immensité d’un cœur amer et fier, l’onde s’y reçoit, malgré elle, brise le couchant d’un fer d’Olympe où le Ciel semblable se brise en éclats afin d’offrir un visage dur et tourmenté dont la signification imprécise d’abord, proche de sa vérité, déclame la prostration d’un mythe, flamboyante idole dont les écueils charpentés dissolvent les éclairs qu’une résignation douteuse déploie profit d’une aube céleste matérielle et éphémère, inhumaine,
 
Depuis, cortèges, elles avancent, ces populations de l’unifié, désœuvrées, lointaines en l’irréel qui perce sa nostalgie au cœur d’une inquiète incertitude, un vent noctambule régit cette pâmoison et ce sont à son offrande des myriades d’arc-en-ciel dont aucune ne semble vouloir reconnaître son serment si total d’abstraction, orbe dont le sang bouillonne un galop de haine et de torture dans lequel nous vivons prostrés …



  

L’HEURE IGNORANCE ...

 
 

Arc Terre des myriades constellées, à voir si beau qu’un Astre chante, éveil de la plaine entière, d’Orient comme d’Occident, villes humides coralliennes des Œuvres cardinales qu’un vent porte, nénuphar, jusqu’aux rives essentiel­les du Monde Mère, évanescences de l’Énergie oubliée, si marche tant fossé par diurne les abîmes incontrôlés, sève de vertige à la perle du granit sevrant l’ombrage des pôles foudroyés,
 
Que vont des bruissements que mugissent nos Ages dans l’affine connaissance, signe tragique des Temps dont les ramures signent le préau inconnu par l’éternité qui s’y glisse et demeure, force de voiles qu’une brise incante, ce Chant Humain, fragile d’espérance dans la pluie vague immolante et sauvage brisant le Soleil en rayons fixes et dissolus, fortes vibrations assignées dont le songe flotte, telle une ville, la souffrance de l’heure ignorance, cœur d’outrage dont la respiration fertile inonde la place d’un carnage, impossible délié par prodigalité du doute ou bien du refus mais surtout par irréalité, ovation de la foudre, symbole étonnant comme une majuscule au couchant d’une lettre commode, verbe dont les enseignements semblent eux-mêmes se complaire, car nulles visions n’en dénient le sens, si tant consolées de vierges opales fructifiant leur méconnaissance, fête qu’oubli ronge par la lance de son feu, iris et cendre dont les lames de la Vie signalent parfois le déchaînement lors des grands abîmes pour qu’une mémoire y pénètre, reconnaisse l’insondable perpétuant ses racines, fleuve se dissolvant en l’Océan sans troubles d’autres ravinements que cette perception d’entrevoir le marécage de son inconscience profanée,
 
Vivant en cette fulgurance perçue les oriflammes perpétuant le bagne, de contes en contes dans la lumière ranimée jusqu’à l’intime conviction de la pénétration totale du mystère à peine frôlé, déluge d’apostrophes qu’un langage fier obstine au devenir, axe nébuleux, pauvre de ce mot, tant sa cime parodie l’état de ce corps extraordinaire,
 
Fête aux surfaces de la surface, houle présente dont la poussière recouvre le compact et le réel, Temple des Temples de l’étincelle de nos voix le brasier dans l’Age qui se meurt, ouvrage destiné que règne la demeure de rem­parts éparpillés comme pour mieux défendre l’inexistant parchemin de son sillon, forme lapidaire des amas de nos sens atrophiés lors si vivante la foule de nos ombres dont le chant par toujours gravite, silence immobile qu’un doute ne suffit plus pour combler comme les combles les os de nos Ancêtres, poussières dans ce regard de nos jours, obstacles ranimés par les labyrinthes des méandres éthérés, cœurs étranges battants à la porte de nos souffrances, vents de force dans la tempête de nos cendres irréelles et oubliées...




TABLE DES ECRITS

 
DE MARCHE HUMAINE
 
 
 
Du Verbe…
Cette Image…
L’Heure Ignorance…
Dans le cri de nos Morts…
C’est la Mort qui parade…
Boulet de la Civilisation…
L’esclavage des Mythes…
Agonie de la Vie…
Ainsi veut-on mourir…
Dans l’heure…
Des mots…
L’Univers des chants…
Ainsi je vous déclare…

 
  
 

Paris le 15/07/1977
Le Pecq le 12/02/1984
Relecture 10/02/2003
Vincent Thierry

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