DEBOUT AU MILIEU DES RUINES

ARRIOR
 

DEBOUT AU MILIEU DES RUINES



 

Des cils la vertu domaniale

 

Des Cils la vertu domaniale l’orbe du rayonnement qui pleut son ambre et sa félicité, que reste-t-il dans cet antre que la pluie délivre et incante de force et de jouvence, que reste-t-il, et ces yeux qui parlent le zéphyr des plaines ardentes, ces yeux qui clament l’espoir d’un renouveau sous la bouche amère d’un désir avorté aux plaintes du temps et aux masques étranges qui parodient l’éternité dans des vagues sombres dont les marches de sang se cristallisent,
 
Il y avait un Règne, certes, il y avait au-delà des méandres de l’incompréhension, des rires et des joies nouvelles, des signes et des forces novatrices libérant la terre de ces assauts qui figent et dénaturent, il y avait, mais cela s’est passé il y a si longtemps, que reste-t-il du miroir du songe, que reste-t-il sinon ce miroir brisé ou chaque Etre se mesure et se désincarne afin que de ne plus que paraître, immobile dans l’affliction, immobile et statuaire dans la divination étrange de ce monde égaré,
 
Et l’Etre au milieu, l’Etre sans regard, l’Etre sans faste ni lendemain, couronné par l’inutilité, englué dans la matérialité la plus stupide, l’Etre sans raison ni raison s’oblige à l’incarnation de la viduité, il plonge son souffle dans la méprise du temps qui passe, s’agenouille et ne prit, s’agenouille et attend dans la déshérence le propos de vivre qui devrait lui tenir lieu, le propos de vivre qui ne répond plus et semble-t-il plus jamais ne reviendra, éperdu aux mystères de la désincarnation,
 
Ô vague d’opale et de joie brisées, vague tutélaire qui voit ce monde dans la pure détermination de l’aridité, vague déferlant la terre ancestrale, souillant chaque fait d’arme, détruisant chaque germe de la beauté, dilapidant chaque état de la Vie, vague de détresse immolant toutes routes sinon celles des ténèbres qui se convoitent, s’improvisent et toujours se lient et se délient afin de se signifier dans la pure dénaturation, vague quand donc cessera ta nidation?
 
Qu’iris la vertu se témoigne pourtant de ces officiants qui marbrent le chemin de sa venue, qu’irise la flamboyance étrange des regards adulés aux mystérieuses perceptions, l’Etre en chemin ne se noie en sa promiscuité, le Verbe toujours se tient debout, et la nuit ne suffit dans son accoutrement de chienne en chasse pour dilapider son aire, l’œuvre en errance ne se ploie sous son joug, l’œuvre toujours debout se tient, et le Verbe et l’Œuvre par le Verbe jamais ne cessent d’animer le Renouveau,
 
L’Etre n’est en son respire, sa naissance est d’un autre lieu par-delà le temps dont les moisissures ne l’atteignent, n’en doutez, dispersés, n’en doutez mais mesurez, le Verbe témoigne et sera votre sort dans l’affliction des songes, le temps venu, le temps supérieur qui verra se taire à jamais les fauves litanies de la peur et de la terreur qui germent dans les cœurs, qui poussent dans les jardins de la beauté, qui détruisent et annihilent le respire souverain du Vivant,
 
Destituent sa flamme et idolâtrent sa déperdition, ainsi tel que je vous le dis, debout au milieu des ruines se tient l’Aigle Impérial et il ne cesse de scruter cette aire désertée, et il ne cesse de comprendre sa folie, et il ne cesse de signifier son infertilité, et il ne cesse de son regard majestueux d’éployer ses ailes par le firmament, vous ne le voyez, vous ne le pouvez, car au-delà de vous, au-delà de vos mobiles, il attend l’heure de son œuvre et le parchemin de son envol de gloire,
 
Isis en son fruit d’Or, cil de la vertu messagère l’ambre de son parfum qui vient, au-delà des marasmes et des turpitudes de la pensée travestie qui se bride et s’enlise dans des marasmes dont les œuvres perdurent l’insanité et la détresse du plaisir morbide qui vous tient lieu, Isis en sa promesse, onde déploie ses oriflammes par toutes routes ouvragées au-delà des sens et de leurs passions délétères, le cœur du firmament pour support et l’Eternité pour signification,
 
Ainsi de l’Etre, ainsi de l’Aigle, et dans la signification profonde du Renouveau qui se lève et ne se drape, dans la signification résurgente des Ames déployées qui parlent le devenir de la Terre et de ses Chants, l’Etre, debout au milieu des ruines, se tient pour affronter ce détail que la mémoire du temps ne conservera, la tyrannie de l’abstraction et sa déification couronnée par le chant de la matérialité bestiale qui l’entretient et la culmine, dans un flamboiement inextinguible…


 
 
 

 

Table

 

DEBOUT AU MILIEU DES RUINES
 
 
Des cils la vertu domaniale 5
L’Empire du Chant qui demeure 9
Où la vertu flamboie 13
Que l’Œuvre situe 17
Au-delà des rives 21
Dans le chant dissolu 25
Et les pluies automnales 29
Des limbes périssables 33
L’aurore des sillons 37
Des purulences natives 41
Vogue la nef de la décomposition 45
Dans l’ardeur des règnes 49
Du désir et de la soif 53
Que les plaintes enseignent 57
Par les miroirs tronqués 61
Du rite éphémère 65
De l’Or qui espère 69
Dans la jouissance exploitée 73
Où les nefs austères s’éblouissent 77
Des liquides fangeux 81
Des atavismes de la dérision 85
Que l’orbe assigne dans la vertu 89
Des hymnes de la Terre 93
La gravure du silence 97
Debout au milieu des ruines 101
 
Table 105

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