INFINITUDE

COSMOS
 
 
  

INFINITUDE

 
  

Des cités du granit

 
 
 

Elles furent cils sans équivoques ces cités de granit dont l’Orient nous conte les détails, des incarnations mystérieuses versées dans l’Art Royal et ses secrets, et aux brumes équinoxiales leurs apparitions somptueuses, dont les Dieux eux mêmes ont connu naguère l’étrangeté comme la condition unique, vont par l’Océan des Espaces,
 
Il y a là mesure pour leurs pas de titans, et la joie limpide brille dans leurs yeux éclos devant tant de merveilles à contempler, le sol a germé des magnificences dont les ondes déployées renvoient aux esprits des formes divines dont la pureté immole les contingences pour faire place à l’adoration d’un hymne,
 
Et d’autres respires encore, du Chant des sirènes les contes qui se devisent dans les chaumes tandis que pétille le feu et que la chaleur des corps s’éprend des vertiges, moiteur propice pour l’esprit vagabond, aspirant de nobles fresques, allant et venant l’ardeur des propos imagés dont les souffles palpitent la raison d’une demeure illustre,
 
Cités fières et austères, cités d’ambre et de granit, où le cycle des voyages venu des mondes antérieurs assiste la nidation, des fruits verts de l’aurore aux gerbes de satins des floralies situant aux algues maîtresses les candeurs statuaires d’une raison profonde acclimatant dans leurs rets la puissance des peuples en leurs dimensions,
 
Souvenir des sépales dont les poussières dans le marbre inscrivent la désirable harmonie d’un jeu de lumière établissant les échanges entre ces Mondes ramifiés, il y a là des nefs éclatantes de mirages et des vaisseaux aux cargaisons de vierges existences, des sels de roches écarlates striant la pluie des jours heureux,
 
Et tant de contes et tant de moissons invités, des lieux à la ronde aux prismes des étoiles blondes des préaux abordables, Îles en fenaison des cœurs qui se démarquent des coutumes et s’apprivoisent dans de grands éclats de voix que le monde profane connaît en ses principes et ses exhalaisons sublimes,
 
Toutes voix en marche vers l’assomption des rites dont les prouesses s’enfantent dans le cri de vivre et d’acclimater, passions éphémères des souffles adventices dont les épreuves passées sont communes mesures des histoires enchantées et des respires qui perdurent, de ces élans qui défient l’avenir de fiers rescapés,
 
Sites éclos dont le drame fût éperdu dans la nuit des âges qui se confinent, là-bas, dans les marges de l’espoir où le lieu devint, où le lieu s’éprit, avant que de disparaître dans les nuées solitaires de l’infini qui ne se confit mais se propose dans l’errance des signes qui se définissent et s’orientent messagers,
 
Sites en rêves des songes de l’enfance qui vagissent des thèmes que le vivant dans l’âge ne comprend plus, tant d’aventures en son rayonnement, tant et tant d’espoir en son climat, que le renouveau baigne d’une clarté immense qui reproduit et fidélise l’incarnation qui vient la densité comme la préciosité de l’instant qui fût et advient...


 
 

L’Orient du Songe qui fût

 
 
 

Le temple ouvrait ses portes, gravissant ses marches de cristal, Stella, diaphane en sa vêture d’iris, pénétra le sanctuaire où l’attendaient les Prêtres gardiens, officiants des mystères les candeurs divines qui ne viennent qu’aux respires les plus humbles comme les plus nobles, toujours azurés des rêves de l’Orient fabuleux,
 
Y avait-il des âges depuis sa rencontre de la beauté ramifiée de la vision sacrale, qui la voyait maintenant s’entourer de ces personnages dont le nom même apportait au vivant la soif de s’éclairer, la faim de vivre au-delà des merveilles et des conditions d’une existence ouvragée par les respires incarnés qui dirigeaient la cité,
 
Ces âges avaient disparu en tenant leur promesse, elle venait de franchir le seuil de l’illustre bâtiment dans lequel les secrets les plus vifs et les plus désirés épanchaient leur volonté comme le vent de l’azur sur les flots immenses des Océans, eaux printanières des rubis de l’aube dont les sens visitaient un héritage,
 
Elle n’éprouvait ni terreur ni plaisir, elle était au-delà de la condition de la passion, et ses yeux éclairés inspirés par la tendresse comme par la vaillance ne s’épuisaient dans de vaines recherches qui, elle le savait, ne serviraient son avenir, seul le lieu l’intéressait, seul le chant venu des souffles du zéphyr la pénétrait,
 
Ode bienvenue des antiques demeures, flux et reflux des sérails armoriés qui de visages en visages témoignait, ode souveraine des liens de l’Etre avec l’Univers enfanté, sans masques, tout de saison nouvelle dont les arbres millénaires enchantaient la plénitude de vivre, ode incarnée dans la définition des signes fécondés,
 
Et par la source de cet écrin la nef lui apparut, non de clair-obscur ou bien de rivale compassion entre la matière et la spiritualité la plus vive, il n’y avait là pour son regard que le fruit d’une haute condition dont la technique n’avait varié depuis les millénaires, un équilibre associatif entre la pensée et son action,
 
La demeure invariable de tout mûrissement s’élevait devant-elle, il ne lui fallait qu’un pas pour en franchir le seuil et se retrouver dans ses liens inexpugnables, vers ces lieux moirés de songes dont les luminosités venaient des rêves persévérer une croyance ultime qui, elle le savait, serait l’avenir de son Peuple et de son Chant,
 
Insigne, le Prêtre d’horizon lui fit franchir cette étape, elle était désormais, non plus de la simple apparence la forme mais l’état de souveraineté dans son illumination majestueuse, et dépassant les arcanes du temps, devenait ce mystère symbolique de l’éternité, cette étrange sensation défiant les sens et leurs raisons,
 
Il ne lui restait plus qu’à s’évanouir de ce paysage qu’elle reviendrait nantie de la promesse de la déité et du devenir, après ces parcours dont les réalités ne sont d’espoir mais de pure viduité par les milliards et les milliards d’Univers dont les courses sont des moments de l’unité sacrée de la Vie flamboyant son message azuré...


 
 

Dans le feu du Firmament

 
 
 

Villes de brumes aux sépales blanchis de chaumes, de l’éveil des floraisons le masque de raison, venait d’un lieu sûr, aube des pétales printaniers, le Prince noble de ce site, envergure des vastes mélodies d’un bonheur suave dont la composition sans errance appelait un signe dans la moisson d’un Chant conquérant,
 
Et la pluie des soleils gravitants marbrait de lys son visage ébloui, sourire de l’équinoxe des plantes à Midi aux souches du bonheur qui ne se lisent que dans les yeux de l’azur et dans le cœur palpitant, une rose était née sur le matin, lumineuse dans une soierie argentée dont les respires effeuillaient des incarnations votives,
 
Il n’y avait de peine à le croire, son pas allait fertile cette dimension dans un essor qui n’était familier, l’Amour venait de frapper son front insigne, et dans la nue obscure du silence tendrement élançait une ode qui se répétait à l’infini pour porter par-delà les sites cosmiques un message propitiatoire,
 
Advenue des règnes, la perle du corail en mémoire, le songe d’une nuit d’ivresse et la course vagabonde d’une flore que le parfum des sens essaime, sa vie était changée, et sa voix dans les nuées épicées des caresses diurnes développait des arcanes de lumières bleuies pour ne point éperdre la candeur en laquelle il s’irisait,
 
Il n’y aurait d’autres aventures plus limpides dans ses espoirs les plus vifs comme les plus fous, il n’y aurait un souffle plus puissant pour animer sa tendresse et révéler sa nature profonde, tout était dit, tout était révélé, par ces portiques qui furent et d’évanescences ne se troublèrent à sa rencontre,
 
Ce jour était neuf, ce jour était épris de pure victoire, les dômes des toits du site partagé luisaient de la pluie de la nuit, étincelaient cette présence supérieure, témoignant de la pureté du Chant comme de l’éloquence de l’hymne partagé, tout être en cette caresse prenant une dimension nouvelle, éclosion de la passion magnifiée,
 
Et la rumeur de l’Océan venant fondre sur les remparts d’Onyx, elle-même, semblait comprendre cette destinée qui ne pouvait s’éprendre plus avant, tant de bonheur en ce lieu, tant d’heureuse certitude dans l’accomplissement du devoir de naître comme de la volonté d’être, tant et tant que rien ne pouvait contrarier,
 
Rien de ces riens qui virent son présage et sa lumineuse ardeur s’assombrir dans les mânes d’une mélancolique errance, après ces combats menés par les Univers fratricides, après ces guerres qui s’inscrivent dans des fresques terrifiantes dont les contes ne sont plus à dire, tant et tant de naufrages en leurs demeures ouvragées,
 
Qui furent sur son visage le deuil de toute une épopée, de tous ces Peuples conduits éconduits qui aujourd’hui sommeillent dans l’infini de l’Espace suranné, n’ayant pour tombeau que la quiétude désarmante des flots dont les gravitations conduisent au néant sinon au crépuscule de fiefs austères et hybrides disparus...





 

Table


INFINITUDE
 
 
 
Des Cités de Granit 5
L’Orient du Songe qui fût 7
Dans le Feu du firmament 9
Des jours sans sommeil 11
Des Hymnes de la nuit 13
L’Orbe conquérant 15
Au Cœur des Cieux Souverains 17
Dans l’Assomption du Règne 19
Où la Joie demeure 21
Dans l’Harmonie des Cycles 23
L’Impériale densité 25
Des Demeures du Vivant 27
Dans la Sagesse épousée 29
Des Cils vierges 31
Les forges du Cristal 33
De l’Aube azurée 35
Éclipse de l’Orbe 37
Qu’Iris le fruit épanoui 39
Le Triomphe du Chant 41
Dans la nue Victorieuse 43
Des Lyres éblouis 45
L’Enfantement de la Joie 47
Aux Nefs cristallines 49
Épure de toute Dimension 51
De l’Infinitude 53
 
Table 55

 
 
 

A LE PECQ
LE 31/10/1990
Relecture le 30/03/2008
VINCENT THIERRY




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