L'INDIVISIBLE




L'INDIVISIBLE

 
  

Prélude …

 
  

Fragile comme l’aubépine aux sillons de l’été, dure comme le sol terrestre en la nuit merveille, l’Ame, chante l’havre des invisibles indivisibles...

 

AMNÉSIE …


 Enfance


 Enfance au cœur décharné?
Du souffle l’adolescence,
Souffle caressant, limpide
Feu de croyance, indivisible
Des milles terres porphyres
Invisibles dans ces jours !
Du cœur la forte tristesse
Lorsque demande la raison
Ou donc le vent de Justice,
Le plus grand vent d’amour !



Amnésie …
 


Qui suis-je-moi...
À qui l’on a dit le nom !
Qui suis-je-moi
À qui l’on a trompé la raison !

 
Les mots tournent dans ma tête, les mots qui roulent leur fardeau sous les bitumes et les matraques, les mots que l’on ne pense plus …


C’était hier encore de moi !
J’ai senti mon pas sur le pavé,
Avec haine, ils m’ont emmené
Vers des rives de sommeil...

 
Je ne me souviens plus de rien, ces Etres qui courent devant moi, ces drapeaux rouges et noirs au vent qui claquent dans la boue...

Je ne me souviens plus de rien,
Ils m’ont dégagé de mes liens,
Combien de temps y ai-je passé,
Combien, combien !


 

Ah Dieu ! ...

 

 
Ah Dieu... Périr lentement sur le chemin de croix, sur les impuissances humaines s’extasier, prier, prier, dans la solitude des cortèges lancer des appels à l’esclave enchaîné, ne pouvoir une seule fois s'arrêter …
 
Se sentir prisonnier de la fatalité, ne plus avoir de but, ne plus, ne plus …
 
Expier, expier cette nuit immonde qui soudoie la volonté de l’Esprit, passer outre puis mourir …
 
Ah Dieu... Mon Dieu, mon Cher, mon Tendre, toi qui de l’esplanade gouverne aux hommes et à la Terre, toi ! ... La Vérité, la Passion, Pourquoi? ...
 
Suis-je néant et cataclysme, pourquoi mon Esprit ne donne-t-il plus les feux violents et inextinguibles de mon corps épris de vertige et de frisson, Pourquoi?
 
Je ne sais, je ne crois, je voudrais tant être en toi, être en ton âme, le fils de tes aveux, le fils de la lumière, de ta lumière, lumière d’Age, Ah Dieu!...

 

 

Toi ! ...

 

 
O Toi! ...
 
Ne laisse pas l’âme s’éprendre de ses vertiges,
Redonne-lui le goût de l’intime fidélité à l’Amour!
 
O Toi! ...
 
Pourquoi vivre en cette époque ou le fer est l’arme de la Vie,
Où la chair est œuvre de destruction ?
Vas-tu laisser cela rougir la face du Monde ?
 
O Toi!...
 
Créateur et ami,
Ne nous laisse pas nous morfondre dans l’immense nébuleuse
Des anti-mondes, du néfaste, redonne-nous courage et foi !
Que bruissent les voix de l’ange sous le soleil d’hiver,
Que la glorification élève nos âmes en son Temple béni!
 
O Toi! ...
 
Aide-nous à vivre,
Plus grande vie
De Vivre ! ...
 
 

À moi ! ...
 
 
 
 
Le sang coulait de la plaie béante, l’Enfant criait de douleur... Guerre ! ...
La Mère, violée sous ses yeux, ne pouvait plus rien pour lui ! ... Guerre ! ...
Monstruosité cosmique, violence, sacerdoce des Idéologies... Guerre ! ...
À moi l’Amour !
Délivre ce monde de ses tueurs, tueurs de toutes Vies ! … Paix ! …
À moi Dieu !
Aide-moi à ouvrir les yeux de l’Humain, au symbole puissant ! … Paix ! …
À moi ! À moi !

Que se taisent la pauvreté des Religions, la lâcheté des Idéologies, qu’un Univers se révèle que nul lâche ne viendra polluer de sa pourriture vivante ! ... Paix ! ...

 

Le Cœur à bout...

 
 
 
J’ai le cœur à bout, sentiments se noient
En la grande parade des sortilèges...
Je fuis le monde, les oiseaux, le ciel,
La solitude corrompt mes habitudes,
J’ai peur de la lame et du vent
Sombre éloge de la folie éphémère,
Soleil ! Ou es-tu ? Ou es-tu ?
Toi qui braves les galaxies de la nuit,
Les temps qui s’enfuient...
J’ai la respiration difficile, mon sang
Bat dans des églises de bitumes,
Se glace à l’approche de la peur
Des lendemains de pluies …
 
 
 

Bruits...
 
  
 
 
Bruits, bruits, sans silence, téléphone,
La nuit a rompu le sacrilège …
Nuits, bizarres, sans cesse au lendemain
Déclament ma solitude, ma rancune
Bruits, klaxon, voitures, j’ai mal,
Je trafique le cadavre de voitures vieillies,
Rougi, innocent, le cri des âmes …
Cris, bris, Saint Germain, j’ai mal
Soleil et folie acclament le monde,
Le monde des hommes, pourquoi ?
Bruits, sans silence, sans armes,
Jouissent les fusils, le sang et l’orgie,
Oui, j’ai mal des bruits
Ou es-tu silence ? Tu n’existes plus
Cherchez la vie, la vie des ascètes...
Quoi ? J’ai mal, j’ai mal
Suis-je destiné à la lumière des enfers ?
Mutation, bruits...
 
 
 
 

Sombre …
 
 
 
 
 
 
Sombre élégante, ton regard est fier,
Ta charge à la Vie est si belle,
Compagne de la rouge envie,
Que j’ai désir de ton amour,
Survie au sillon de tes reins,
Pénétrer le repère de ta servilité !
Enfance est morte ! Adulte !
J’en ai l’âge et je crève
Dans la scolastique écologique !
Brefs, brefs seront les marasmes
De l’Orgie…Solitude …
 
 
 
 
 
Macadam...
 
 
 
 
 
Macadam, macadam,
Le surplus de la violence se tait,
Il n’y a plus d’Amour en la Lumière !
Pourquoi crier la futilité de l’instant ?
Éphémère je suis, éphémère je resterais,
Car de mes amours trépassés, reste la poussière !
Taxer l’amour, taxer la mort,
Je veux mourir en mes draps !
Justice de la mort agonie …
 
 
 
 

Désespoir trêve...
 

 
 
 
J’ai froid, la fièvre me rompt, silence foudroie.
Par quel phénomène suis je ainsi reclus, inclus.
Ma fatigue est immense, mon savoir-faire aboie.
Ma vie caresse la peur de la mort de vision nue.
 
Quelle troublante situation, esprit dévoyé, clair,
Aux rythmes lancinants des accords de guitare,
Je crie ma pollution, mon corps frais de chairs
Encrassé par la Vie, se vide de son Or nectar.
 
Transmutation de l’esprit cloîtré par les songes,
Aphrodisiaque et essaim sans cœur lendemain,
Que la journée des sexes dans la parure Monde,
Libère de sagesse, lave de semence, signe destin.
 
Ah ! La tristesse ensevelie mon cœur troublé,
Un voile sans fin se dresse, larmes du Regard
Axées sur les vertus de la Vie de l’Etre amené
À la rage par sa faiblesse, eaux vives sans égard.
 
Mais tangible je ressens les sèves de mon corps,
Et déjà je renie le passé, le présent, vie l’Absolu,
Lyrisme incompréhensible à l’homme né mort
Aux rythmes de l’infini, soifs de l’Or de la nue !
 
  
 
 

Vous lui dîtes...
 
  
 
 
 
Tu es venu trop tôt en la vie,
Tu as corrompu notre soleil et notre pluie !
Sur ton visage ont coulé, comme une ivresse,
Des moments de pauvre symphonie...
 
Funèbre, funèbre, tu n’as pas le moral,
Tu te répètes ta force natale...
Ou, ou, dans quel cimetière
Seras-tu capable de rejoindre le soleil ?
 
Tu es pourri par le monde des humains !
Ordure, tu jouis du néant,
Certitude de ta déchéance !
Anachronisme ; tu aimes l’Amour !
 
Pourquoi?
Questions, questions...
Tu es venu trop tôt pourrir en la Vie,
En la Vie !...
 

 
 

 
TABLE DES ÉCRITS

 
L’INDIVISIBLE
 
 
 
Prélude
 
 
AMNÉSIE
 
- Enfance...
- Amnésie...
- Ah Dieu...
- Toi...
- Ah moi...
- Le cœur à bout...
- Bruits...
- Sombre
- Macadam...
- Désespoir trêve...
- Vous lui dîtes...
- Ce n’est
- Expérience...
- Adieu...
- Nu hère mort...
- …
 
 
 
CYCLOÏDE
 
- J’ai vu...
- Liberté...
- Madame la pluie...
- D’x...
- Noctambule...
- Villes...
- Fixité...
- Ivresse métallique...
 
ÉCRITS DU SANG
 
-…
Je vivais un monde inconnu ...
 
- Je vivais un monde inconnu
- Site marbre...
- Je regardais cet Ordre...
 
Torture...
 
- La torche Humaine
- Il y a du sang...
- Eux...
- Les Hommes...
- L’arbre nu...
- Libre...
- Torture...
 
La boue...
 
- Dieu de la guerre...
- …
- La boue...
 
D’aujourd’hui...
 
- Mer Rouge...
- Gardez vos larmes assassins...
 
D’Enfance le sang martyr...
 
- Naissance...
- Violence...
- Et cet Enfant...
- Cette lèvre bleuie...
- Le rameau vert...

 

 
Le Pecq
Recueil 1973
 Refonte 1977,
12/02/1983
12/02/2003
 2004
Vincent Thierry


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