VENTS DU PRESENT



PRAIRIAL
 
  


VENTS DU PRESENT


 

CHANT OISEAU



L'oiseau vole, il plisse ses ailes aux clairs nuages de l'au-delà, Magnifique, il mène sa troupe vers le cercle de la Terre …
 
Cercle de la Terre,
Rythme du Soleil …
Se lève l'Espace
À nos folies barbares !
 
Dans l’immensité, aux confins, dressé sur ses, pattes minuscules, l'oiseau regarde son territoire, l'Eternel . . .
 
Claire Eternité
Aux matins enchaînés
Que regardent les Humains
À la Terre, enracinés !
 
Aux étoiles délivrées par le chant éphémère, l'oiseau regagne de son aile fragile le Monde Volatil …
 
Matins fragiles
Aux portes du désert
Nous restons accouplés
Regardant ce Volatil !
 
Aux sommets escarpés, l'oiseau ferme ses yeux, le bec clos il rêve et lit dans le livre de notre enclos ...
 
Gisant, je veux courir,
Ne veux mourir, voler !
Gisant, je veux courir,
Ne veux mourir, voler !
Dans ma prison de cire
Je, néant du chant né !
Dans la nuit précipice
Je, perdition des orbes !
Je veux vivre, Ame Lys
Loin des cris informes !
Gisant, je veux courir,
Ne veux mourir, voler !
Gisant, je veux courir,
Ne veux mourir, voler !
Ne plus rester enchaîné
...




PROPOS
 
 

 
Propos d’une infirmière

 
 
 


Elle prônait la société telle qu'elle est, mais, disait-elle, serait d'accord pour détruire l'assistance publique dont elle faisait partie.
Elle prônait son … Moi, et ensuite disait, avec un air d'en savoir long, qu'il fallait vivre simplement.
- Il faut vivre sa vie intelligemment, sérieusement ! …
Sur d'autres sujets, notamment concernant les problèmes de société, de bouleversements, de mutations, elle invectivait :
- Mais la Société c'est bien !
- D'ailleurs vous n'êtes que quelques milliers contre quelques millions, alors!
- Mon fils avait ces idées, mais je suis bien contente qu'il ne les ait plus !
- Et puis vous savez, je pourrai en parler de la philosophie, avec vous, car mon fils est agrégé et ma fille s’occupe de psychanalyse...
- Le " Moi ", mais j'en connais un bout sur le " Moi ", il faut avoir du Moi, croyez-moi, et croyez que moi je pense à moi !
Et avec une note d'altruisme :
- Et puis avec tout ce que j'ai fait, vous savez, dans les hôpitaux . . .
- Mais c'est de la faute aux médecins !...
 
Parlant des infirmières
 
- Je cherche un travail de tout repos...
 
Et autres...
 
- Et puis les gens qui ne votent pas n'ont pas droit à la parole. Il est facile de juger lorsque l'on ne vote pas ! ...
 
- L’Armée, Mais voyons il en faut une puisque l'on ne peut pas désarmer le monde ! ...
 
 
En conclusion
 
Où le bon sens cache parfois la négation de l'intelligence chez une personne qui se meut en fonction des autres sans se connaître soi-même …






Vingt ans...
 

 
 

Les routes sont longues …
 
Elles passent par des labyrinthes peu communs qui, petit à petit, s’effacent dans la grande fugue de la Vie.
 
Quelles sont-elles ?



Routes de silence qui précédent le premier vagissement, routes d’inconscience qui se perdent dans la nuit du premier âge, routes de jeu et de tendresse que l’on aime sans aimer, routes de violence et d’angoisse que l’on traverse corps à corps avec son corps, routes de perversité où le narcissisme remplace l’éclat des rubis que l’on ne peut approcher, routes nues où la solitude émue et tue, routes du premier amour où l’on croie, ignorant les sévices de l’Amour, routes du Moi qui se destitue pour s’oublier, routes sans fin où la mort est criée comme une délivrance, routes révoltées où l’agressivité domine la créativité, où le sang bat les jeunes veines, où le corps exulte des passions involontaires, routes de fléaux où le miroir renvoie le reflet d’une Ame parcimonieuse et avide du moindre gain, tendresse, vanité, égoïsme, dilettantisme, routes de foi où le soleil de la surconscience s’éveille pour faire place à la conscience, routes merveilleuses qui poussent les actes au renouveau de la liberté, routes fixes où l’on se meurt sous l’incompréhension et l’insatisfaction, routes de désolation où l’Espoir naît aux vertes idylles d’un autre Age, routes de fer où le travail des membres destitue le peu de santé vécu, routes de dénégation et de parcellisation où le cœur demande l’éternité, où les larmes tachent la candeur du visage adolescent, le rident, le tuent, routes sans sommeil où les nerfs à fleur de peau dansent la nuit du miracle, où le corps s’étoffe de multiples maladies, se ronge de désespoir, routes sexuées où l’on ne trouve rient sinon un infime seuil de plaisir, routes sensuelles téméraires et sans suites, routes du néant où au bord des larmes et de la catastrophe corporelle et psychique l’on se retrouve vingt ans et las de tout !
 
Ainsi le bilan est-il là, témoignant ... Au passif, rien qu’un néant douteux criant encore ses maux par tous les vertiges de l’Ame, à l’actif, des résolutions, des peut-être, des je ne sais des vouloirs, des ambitions, des désirs, des renoncements …



Vingt ans !



Route aux méandres tortueux, et l’adolescent de déclamer sa souffrance « Destin ! À toi, je pose mes questions, à toi, je demande, à toi, par fatalis­me et désabusement : vingt ans de souffrances n’ont-ils pas suffi à l’enfant vieilli que je suis ? Vingt ans d’aveuglement tant corporel que dimensionnel, n’ont-ils pas suffi au malade vieillard que je suis devenu ? Dois-je m’attendre à autres choses que ces tortures, les revivre définitivement ? Destin ! Ne fait ma route ancienne, guide-moi vers le nouveau chemin qui laissera à l’oubli mes vertes années de désespoir et de dégoût aide-moi, dresse-moi dans mon conscient, si fut il acquit, les plans qui me permettront de me sortir de cette boue en laquelle meurt mon Etre !... »



Vingt ans !



Une nouvelle raison vient de naître, vingt ans et le ciel à cette raison s’éclaircit, et sur la Terre brille pendant le temps d’une journée un sourire vivant, un sourire qui ne s’effacera sur les lèvres de ce jeune homme qu’au jour du trépas, vingt ans et ses souhaits s’accordent, par sa seule volonté, jeux d’amours neufs d’esthétismes inconditionnels sont morts pour faire place à la glorieuse harmonie de la Vie, Vie de vingt ans où à nouveau brille le ciel de l’Esprit, de l’Ame et du Corps de cet Etre hier naufragé …



Vingt ans et l’espoir !



L’Espoir dans le vouloir d’une route exfoliée, sans faiblesse et sans délire, route longue prise aux frontières du continent de la compréhension, du partage, idylles formidables dont les souffles naguère brisés s’élèvent en un vent large et fort au jeu de la tempête, la tempête de la Vie où l’on est seul avec soi-même et où la connaissance totale de soi-même permet la plus haute perfection, celle de la reconnais­sance de l’Autre, Amour des Autres, route formidable de cette flamme inextinguible que l’on nomme l’Harmonie…


 
 
Table des textes
 

VENTS DU PRESENT
 
 
CHANT OISEAU
 
PROPOS
 
Propos d’une infirmière
Vingt ans
Liberté
Lamentations
Onde verte d’éther
 
LES CHOSES DE LA VIE
 
Les choses de la Vie
Soleil de jade
Une fumée verte
Et j’en parle dans ce jour
Léthargie
Et c’est un mal
Si difficile
Et j’écoute
 
 
LOIN DES MONDES
 
Loin des mondes
Le vent roulait
 
VILLES
 
Ville
La concertation
Bolivie
 
LE TRAIN D’AMOUR
 
Le train d’Amour
La Hippie road
Ces mille et un
Chœur
Amour
 
DEPART
 
Ils avançaient
De partout
Et nos mains
Nous partîmes
Mille
Vivre
 
D’ALORS
 
Longue flamme bleue
Ressemblance
Nord
 
SEVE JEUNESSE
 
Cantiques
Enfant
Prière
Oui, voici
Par le sang
Humain, purification
Que l’Humain nul a vu
Par delà
Abîmes
Des martyrs
Et de ton nom
Quand
Sont morts les Dieux
Messe de Gloire
Liberté
Sève Jeunesse
 
DES CHANTS DE JOIE
  



PARIS
LE PECQ
Recueil de poèmes 1977
Classés le 04 03 1983
Dernière refonte 23 01 1983
Relecture 20/03/2004
Vincent Thierry



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